Le procès de Marcel Pillod et de son fils Steven se poursuit ce mardi. Ils sont accusés de l'assassinat d'Albert Baise, 74 ans, dont le corps avait été retrouvé le 17 mai 2017 dans le canal Charleroi-Bruxelles, à hauteur de l'écluse de Viesville.
Ils sont également poursuivis pour recel de cadavre. Marcel Pillod doit en outre répondre de vol de carte bancaire et de fraude informatique.
Au cours de l'audience, plusieurs experts judiciaires ont été entendus. La cour doit notamment déterminer le rôle précis de chacun des accusés dans cette affaire. Marcel Pillod, qui connaissait la victime, nie être à l'origine de sa mort. Il affirme avoir découvert son ami sans vie dans son appartement. Lundi, il a déclaré que l'idée de se débarrasser du corps serait venue de son fils, expliquant qu'il détenait encore la carte bancaire et le code de la victime. Steven Pillod, pour sa part, conteste toute implication.
Les enquêteurs ont établi que les deux accusés avaient été filmés le 26 avril 2017 à 10h11 dans un magasin de sport à Charleroi, où ils avaient acheté une valise. Or, Albert Baise était encore en vie à ce moment-là, puisqu'il s'était rendu chez son médecin environ une heure plus tard.
Grâce aux données enregistrées par le pacemaker de la victime, les enquêteurs ont pu déterminer l'heure précise du décès: le 26 avril 2017 à 15h57. Le médecin légiste a expliqué à la cour qu'une anomalie rythmologique indique la survenue d'un trouble majeur du rythme cardiaque de type tachy-arythmie. Il s'agit d'un événement hyperaigu qui a altéré la fonction du cœur et qui peut être assimilé, selon toute vraisemblance, à un état pré-mortem immédiat avec un délai de survie extrêmement court.
Il est également apparu que la victime bénéficiait d'une assistance respiratoire. La canule de trachéotomie avait été retrouvée retournée et sortie de l'orifice. Celui-ci était obstrué par un morceau de papier journal torsadé, sur lequel seul l'ADN de la victime a été identifié. Le reste de ce journal a été retrouvé dans l'appartement de Marcel Pillod. Ce dernier a expliqué que ce papier avait été placé à cet endroit parce que son fils ne supportait pas l'écoulement d'un liquide rougeâtre.
L'autopsie a mis en évidence des fractures post mortem au niveau du thorax et des côtes, ainsi que des hématomes à la tête, antérieurs au décès. Le médecin légiste a indiqué qu'il était difficile d'en déterminer l'origine précise. Une chute n'est pas exclue, ce qui laisse planer un doute sur les circonstances exactes de la mort. Les fractures thoraciques, quant à elles, seraient survenues lors du placement du corps dans la valise.
Cette dernière était entourée d'une chaîne appartenant à Marcel Pillod, et des briques avaient été placées à l'intérieur. L'origine de ces briques demeure inconnue. Des résidus "assez similaires" ont toutefois été retrouvés dans la voiture de Steven Pillod, qui travaillait dans le secteur de la construction. Un cheveu de ce dernier a également été découvert sur le corps de la victime, à l'intérieur de la valise.
Enfin, les enquêteurs ont mis en évidence plusieurs opérations bancaires effectuées après la mort d'Albert Baise. Deux récépissés de virements, retrouvés au domicile de la victime, attestent de transferts de 2.500 euros le 28 avril 2017 et de 2.200 euros le 2 mai 2017 vers le compte de Marcel Pillod. Plusieurs retraits en espèces de 500, 150 et 650 euros ont également été relevés les 27 et 28 avril. Marcel Pillod a reconnu ces faits.
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