Assises du Hainaut : Témoignage des enfants et l'acharnement sur la victime

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Une simple déclaration de culpabilité pour un décès lié à la méthadone

Deux des cinq enfants de Sergio Siciliano, accusé du meurtre de sa compagne Lucia Valentini, commis à Jumet la nuit du 18 au 19 février 2022, ont témoigné mercredi devant la cour d'assises du Hainaut. Les autres enfants n'ont pas souhaité s'exprimer.

L'accusé et la victime, tous deux quinquagénaires, étaient en couple depuis quelques jours à peine au moment des faits.
L'accusé portait régulièrement un révolver, selon sa fille. Cette dernière a confirmé le témoignage de sa mère, livré la veille devant la cour. L'accusé l'avait frappée à la tête à coups de crosse de revolver, avait ainsi raconté cette ex-compagne. Il l'avait également poussée dans les escaliers.
Le deuxième fils de l'accusé, qui n'a plus de contact avec son père depuis plus de 10 ans, a lui aussi confirmé que son père était violent avec sa mère. Il s'est remémoré un épisode où son père avait joué avec un revolver devant lui, le visant. "Il a ensuite visé le mur et une balle est partie."
Le témoin a qualifié l'accusé de "spécial", porté sur le sexe, "pouvant être gentil et puis un monstre dans la minute suivante". "Mais c'était toujours maman qui prenait pour nous", a-t-il ajouté. Le jeune homme de 28 ans s'est souvenu de plusieurs moments de violence. "Il disait que la police ne ferait jamais rien, qu'il n'avait peur de personne. Il proférait des menaces de mort contre nous."
Le fils a affirmé qu'il sentait que son père tuerait une femme un jour, mais qu'il pensait que la victime serait sa mère, et non Lucia Valentini. "Pour moi, ce n'est même pas un homme. Il traite les femmes comme des objets, sans respect", a-t-il ajouté.
Enfin, le témoin a raconté que Sergio Siciliano avait utilisé l'un de ses fils, souffrant d'un handicap, pour souscrire à des abonnements téléphoniques.
Les enfants ont toutefois reconnu que leur père - qu'ils préfèrent ne pas appeler "papa" - ne les a privés de rien.
Sergio Siciliano a avoué le meurtre de Lucia Valentini, qu'il a frappée de 34 coups de couteau. Selon lui, la victime aurait saisi le couteau la première pour l'agresser. Il l'aurait ensuite désarmée et aurait retourné l'arme contre elle. Ses avocats ont dès lors demandé de prendre en compte l'excuse de la provocation.
L'accusé et la victime s'étaient rencontrés une semaine avant les faits sur un réseau social. Sergio Siciliano s'était installé chez Lucia Valentini, quelques jours après leur première rencontre.
 
"Sergio Siciliano s'est acharné sur Lucia Valentini", déclare l'avocat de la partie civile
Le médecin légiste a relevé 11 plaies pénétrantes touchant des organes vitaux : le cœur, les poumons, le foie, l'estomac, les reins. Des lésions post-mortem ont aussi été constatées, ainsi que des blessures de défense sur un bras et sur les mains de la victime. Des coups ont aussi été portés à la tête.
Pour la partie civile, l'intention de tuer ne fait aucun doute, compte tenu de la nature de l'arme utilisée, du nombre et de la localisation des coups.
L'accusé affirme pour sa part que la victime a saisi le couteau la première pour l'agresser. Il l'aurait ensuite désarmée avant de retourner l'arme contre elle. Ses avocats ont dès lors demandé de prendre en compte l'excuse de la provocation.
Toutefois, a souligné Me Michel Bouchat, il n'y a aucun témoin du meurtre, qui s'est déroulé à l'arrière du salon de coiffure exploité par la victime. "Cette scène, il n'y a que l'accusé qui la décrit", a lancé le pénaliste à l'attention du jury. L'avocat a en outre rappelé que "de nombreux témoins" ont qualifié Sergio Siciliano "de menteur et de manipulateur". Selon Me Bouchat, l'accusé "a manipulé le juge d'instruction".
L'avocat de la partie civile s'est appuyé sur les témoignages d'anciennes compagnes de l'accusé pour mettre en doute la version de l'accusé. "L'une a déclaré avoir été obligée de se cacher durant trois mois. Une autre dit avoir été menacée avec un couteau placé sous la gorge. Une autre femme a été menacée alors qu'il lui avait volé sa voiture. Il n'accepte pas qu'une femme lui réclame un objet subtilisé et qu'on lui ordonne de partir. Qui a joué du couteau sur la scène de crime?", s'est alors demandé l'avocat.
"Où sont les violences graves commises par Lucia Valentini?", a-t-il poursuivi. "Elle lui a demandé de partir, c'est son droit. Elle n'acceptait pas qu'il s'incruste chez elle, comme il l'a fait une dizaine de fois avec d'autres. La réaction (de l'accusé) est de s'en prendre à elle, de l'agripper alors qu'elle n'est porteuse d'aucun objet", a insisté le pénaliste.
Pour balayer l'excuse de provocation, ce dernier a ensuite renvoyé à l'expertise en santé mentale établie pour l'accusé. L'homme y est décrit comme un égocentrique présentant des éléments de structure antisociale et jouissant d'une empathie limitée. Il utilise autrui pour arriver à ses fins et est capable de retomber sur ses pattes face à une situation difficile.
Le critère de proportionnalité fait également défaut, a noté le pénaliste. L'accusé présentait des plaies superficielles et aucune lésion traumatique. "C'est un meurtre commis par un homme frustré, confronté à la décision d'une femme qui lui a demandé de partir et qui a ensuite été massacrée", a conclu Me Bouchat.
 


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