Assises Hainaut : Le père et le fils Pillod contestent l'assassinat d'Albert Baise

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Assises du Hainaut : La peine de réclusion à perpétuité requise contre le fugitif Marcel Pillod

Marcel Pillod, 69 ans, et de son fils Steven, 37 ans, sont accusés de l'assassinat d'Albert Baise, 74 ans, dont le corps avait été retrouvé le 17 mai 2017 dans le canal Charleroi-Bruxelles, à hauteur de l'écluse de Viesville.

Marcel Pillod s'est décrit comme un homme peu rigoureux dans la gestion de ses affaires, évoquant des débits de boissons principalement administrés par ses anciennes compagnes, ainsi qu'une propension aux jeux de hasard. Son casier judiciaire comprend plusieurs condamnations, notamment pour faux, chèques sans provision, escroquerie, infractions aux droits de douane et aux accises, ainsi que pour comptabilité défaillante.
Steven Pillod, quant à lui, a été élevé par sa mère après le départ de son père. Il présente également un passé judiciaire chargé, avec plusieurs condamnations, notamment pour vols. En 2017, Marcel travaillait comme chauffeur de taxi et se livrait à un commerce illégal de boissons achetées au Luxembourg, activité que certains témoins décrivent comme lucrative. Son fils était intérimaire dans le secteur de la construction et rencontrait d'importantes difficultés financières. Selon le parquet général, l'argent constituerait le mobile du crime.
La victime, Albert Baise, connaissait Marcel Pillod. Souffrant de problèmes de santé, il avait notamment subi une trachéotomie. Marcel affirme qu'Albert lui prêtait régulièrement de l'argent, qu'il remboursait ensuite. Il détenait également la carte bancaire de la victime et son code afin d'effectuer, selon ses dires, de petits achats pour lui. La présidente de la cour a toutefois relevé que ces retraits étaient relativement peu fréquents.
Le jour de la découverte du corps, les enquêteurs ont retrouvé sur la victime deux récépissés de virements bancaires effectués depuis le compte d'Albert Baise vers celui de Marcel Pillod : l'un de 2.500 euros, daté du 28 avril 2017, et l'autre de 2.200 euros, daté du 2 mai 2017. Un réquisitoire bancaire a également mis en évidence plusieurs retraits en espèces de 500, 150 et 650 euros les 27 et 28 avril.
Grâce au pacemaker de la victime, les enquêteurs ont pu déterminer l'heure du décès : le 26 avril 2017 à 14h57 (heure d'hiver). Les transactions bancaires ont donc eu lieu après la mort d'Albert Baise. Marcel Pillod, qui possédait les clés de l'appartement de la victime, conteste l'avoir tué. Il affirme l'avoir trouvé mort et être rentré chez lui sans prévenir les secours. Il évoque une discussion avec son fils, qui lui aurait demandé d'utiliser la carte bancaire pour "redémarrer dans la vie", ce que Steven conteste.
Marcel affirme avoir voulu protéger son fils en acceptant de se débarrasser du corps, placé dans une valise achetée le matin même dans un magasin de sport de Charleroi. Les deux hommes ont été filmés ensemble dans le commerce. Selon Marcel, c'est Steven qui aurait placé le corps dans la valise. Un cheveu correspondant à Steven a été retrouvé sur la victime. Steven nie sa participation. Son ex-compagne a toutefois évoqué des confidences dans lesquelles il aurait admis avoir aidé son père, ce qu'il conteste vigoureusement.
L'autopsie a révélé des fractures post mortem au thorax et aux côtes, ainsi que des hématomes à la tête, antérieurs au décès. Marcel nie toute violence. Un morceau de journal ensanglanté a été retrouvé près du corps, ainsi que des briques et une chaîne, destinées à lester la valise.
Marcel affirme que la valise a été jetée dans le canal vers 5h du matin et qu'elle n'a pas coulé immédiatement. Deux jours après la découverte du corps, il avait contacté la police pour obtenir des informations, admettant que cet appel visait à se créer un alibi. Il conteste toutefois toute implication dans un assassinat.
Steven Pillod, de son côté, affirme n'avoir participé ni au meurtre ni à la dissimulation du corps. Il estime que son père lui en veut depuis qu'il lui a tourné le dos. Les débats se poursuivent.


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