Sciensano a analysé les eaux usées dans plusieurs stations d’épuration du pays, afin d’élaborer un cadastre de la consommation des drogues en Belgique. Une étude réalisée du 24 au 30 mars 2025, qui donne une image des tendances au niveau de la population.
Pour la première fois, l’Institut de Santé publique Sciensano, a analysé les eaux usées de dix-sept stations d’épuration à travers tout le pays, pour mesurer la consommation de drogues en Belgique. Une analyse, qui montre l’ampleur du phénomène.
« Traditionnellement, la consommation de drogues dans la population est étudiée par des enquêtes, des enregistrements hospitaliers ou encore des chiffres de la police. Les résultats de cette première analyse nationale des drogues dans les eaux usées complètent ainsi ces données existantes afin d’avoir une idée plus complète de la consommation des drogues en Belgique. Les données relatives aux eaux usées confirment sans conteste des indications issues d'enquêtes bien établies : la cocaïne, la MDMA et la kétamine sont largement consommées dans toutes les régions du pays, la consommation d'amphétamines est plus limitée et celle de méthamphétamines est plus rare. Les variations quotidiennes des concentrations mesurées établissent un lien supplémentaire entre la cocaïne et la MDMA et leur consommation dans les lieux de vie nocturne. L'amphétamine et, contrairement à d'autres recherches existantes, la kétamine semblent moins liées à une consommation typique le week-end », explique David Perez, qui est collaborateur scientifique chez Sciensano.
Une tendance, confirmée dans les échantillons prélevés à la station d’épuration de Montignies-sur-Sambre.
« Les substances psychoactives dans les eaux usées de Charleroi montrent une forte présence de cocaïne et de crack. Les analyses concernant la MDMA et l’amphétamine sont plutôt faible, tandis que le niveau de la kétamine est dans la moyenne », ajoute David Perez.
Comme quoi, les égouts peuvent être de précieux indicateurs.
« Lorsque des drogues illicites sont consommées, elles sont transformées dans l'organisme en produits de dégradation métaboliques spécifiques à l'être humain, appelés biomarqueurs, et excrétées via les toilettes dans le réseau d'égouts. En mesurant autant que possible ces biomarqueurs spécifiques à l'être humain, il est possible de surveiller la consommation réelle de drogues plutôt que le rejet direct de drogues illégales dans le réseau d'égouts. En théorie, toute drogue consommée et excrétée peut être surveillée », indique à nouveau David Perez.
Afin de maximaliser davantage les données de consommation de drogues en Belgique, des mesures n’analyse répétées seront nécessaires à partir des stations d’épuration, afin d’effectuer des comparaisons sur plusieurs années.
« Les résultats de la campagne de surveillance de 2025 confirment d’une manière analytique ce que des enquêtes précédentes indiquaient déjà et ils jettent un regard nouveau sur des phénomènes spécifiques. Pour tirer un maximum de ces données précieuses, des mesures répétées sont nécessaires durant la même période de l’année. Cela permet à Sciensano de suivre rigoureusement les évolutions dans la consommation des drogues et de suivre les tendances sur plusieurs années. Cela permet également d’évaluer l’impact des mesures politiques ou des développements internationaux », conclut David Perez.
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