Introduits illégalement en 2019, les mouflons se multiplient dans nos forêts du Hainaut. Si leur présence ne déplait pas à certains défenseurs de la faune, elle provoque aussi des dégâts considérables.
Ces traces blanches séchées qui coulent le long des troncs d’arbres ne trompent pas. Elles témoignent de la présence de mouflons sur le cantonnement de Chimay et Momignies. Introduits illégalement dans la botte du Hainaut en 2019, ces animaux se sont multipliés au point de causer des dégâts significatifs dans le milieu naturel.
Thomas Puissant, chef du cantonnement de Chimay, confirme : « Typiquement, ces dégâts sont visibles partout où les animaux sont présents. Ils ont un impact réel au milieu naturel, sur la végétation et l’équilibre forestier. »
Après une première condamnation, le prévenu a fait appel. La Chambre environnementale de la cour d’appel du Hainaut a revu le jugement : le chasseur de Chimay échappe à la prison. Sa peine a été remplacée par une amende avec sursis, assortie de l’obligation d’éradiquer les mouflons.
Pour les défenseurs de la cause animale, cette suspension du jugement pourrait offrir une seconde chance aux mouflons : plutôt que l’abattage, il serait question de solutions alternatives. Une pétition en ligne a déjà rassemblé près de 22 000 signatures.
Mais pourquoi un chasseur introduirait-il ces animaux ? Selon certains chasseurs, l’objectif est d’augmenter le gibier pour la chasse récréative. En sept ans, la population est passée de 20 à 150 individus, alors que leur milieu naturel se situe plutôt en zones montagneuses, rocheuses et forestières.
Thomas Puissant conclut : « Ces animaux profitent du climat tempéré de notre région, mais sur le terrain, le temps joue contre l’équilibre de nos forêts. Leur présence continue de poser un vrai dilemme pour la gestion écologique et la protection de la faune. »
Sur le même sujet
Recommandations
Saisie d’animaux à Pont-à-Celles : le Parquet se saisit du dossier