Brussels Airlines a réitéré, en marge de la publication de ses résultats financiers annuels, ses critiques vis-à-vis des coûts réduits pratiqués à l'aéroport de Charleroi par rapport à celui de Zaventem. La compagnie réclame "un terrain de jeu équitable".
"Un voyageur qui souhaite prendre l'avion depuis Brussels Airport paie 34 euros de frais supplémentaires. Ce n'est pas équitable", ont dénoncé la CEO Dorothea von Boxberg et la CFO (directrice financière) Nina Öwerdieck.
Plusieurs coûts sont concernés et expliquent cette différence. Il s'agit notamment des taxes aéroportuaires, des coûts de sécurité et de la "terminal navigation charge", une somme que le contrôleur aérien Skeyes perçoit pour chaque avion au décollage. À l'aéroport de Bruxelles, les compagnies aériennes doivent payer une partie de cette somme, tandis qu'à Charleroi, ce sont les autorités publiques qui prennent en charge la totalité. Cela désavantage Brussels Airlines par rapport à Ryanair, le plus grand acteur à BSCA.
L'an dernier, la compagnie a déboursé 345 millions d'euros en "frais et charges", une rubrique qui englobe ces coûts, contre 307 millions d'euros en 2024. La hausse a été de 12% en un an.
"Nous voulons les mêmes règles pour les mêmes aéroports", a demandé vendredi Dorothea von Boxberg. A ses yeux, l'argument selon lequel Charleroi bénéficie de subsides parce qu'il s'agit d'un aéroport régional n'est plus valable, surtout qu'il voit désormais passer plus de 10 millions de passagers par an.
Pour la CEO, que Brussels Airlines paie trop cher ou que les compagnies aériennes à Charleroi paient trop peu n'est pas l'essentiel. "Il doit y avoir des conditions équitables, voilà le problème."
L'augmentation annoncée de la taxe fédérale sur les vols, qui pourrait passer à 10 euros, n'est dès lors pas tout à fait pour déplaire à la compagnie belge. "Elle sera la même pour tous les passagers et rendra donc les choses un peu plus équitables", anticipe sa patronne allemande, préférant ce modèle à celui d'une taxe calculée sur un pourcentage.
La critique répétée vendredi n'est pas neuve. En 2023, Brussels Airlines avait déjà déposé une plainte officielle auprès de la Commission européenne contre "l'aide d'État illégale" dont bénéficie, selon elle, BSCA. La compagnie affirme n'avoir reçu aucune réponse à ce jour.
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