La réforme des médias de proximité reste sur la table en Fédération Wallonie-Bruxelles, laissant les équipes concernées dans l’incertitude quant à leur avenir. Le PS demande de reprendre les travaux au point de départ.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, la réforme des médias de proximité continue de faire débat. Dans l'opposition, le groupe PS appelle aujourd’hui le gouvernement à mettre le chantier sur pause et à repartir de zéro, estimant que la méthode actuelle fait peser des risques sérieux sur l’emploi, l’indépendance des rédactions et le pluralisme de l’information locale. Dans un communiqué, le Parti socialiste pointe plusieurs éléments jugés problématiques : annonces successives, concertation insuffisante, absence de consultation pourtant obligatoire de la Commission européenne sur la modification du régime d’aides d’État, ainsi qu’un projet de décret jugé bancal.
Pour rappel, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et le Conseil d’État ont tous deux relevé d’importantes lacunes dans le texte, notamment au regard des règles européennes en matière de pluralisme des médias et de principes constitutionnels fondamentaux.
« Comme le collège d’avis du CSA, le Conseil d’État a pointé les graves lacunes du texte et les risques d’infraction aux règles européennes en matière de pluralisme des médias ou à des principes constitutionnels majeurs. On ne réforme pas un pilier démocratique à la hussarde. Il faut des données objectives, une étude d’impact indépendante et une concertation réelle. Rien ne justifie l’urgence, surtout lorsque l’échéance structurelle annoncée est 2031 », insiste Laurent Devin (PS), député wallon.
À ces critiques s’ajoute donc l’absence de consultation préalable de la Commission européenne sur le régime d’aides publiques.
Le pluralisme en péril
À l’heure où le secteur des médias est fragilisé par des mutations profondes et où la liberté de la presse est de plus en plus questionnée, le PS estime que les médias de proximité doivent faire l’objet d’une attention particulière.
« Les médias de proximité font vivre le droit à l’information au plus près des gens. Ils donnent la parole à celles et ceux qu’on n’entend pas ailleurs : associations, artistes, initiatives locales, citoyens. Les fragiliser, c’est fragiliser la démocratie », souligne Laurent Devin.
C’est dans ce contexte que le député a déposé une proposition de résolution au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Objectif : demander au Gouvernement de repartir d’un diagnostic partagé, élaboré avec les acteurs de terrain, et de respecter les avis des instances consultatives.
Concrètement, le texte plaide pour un retour aux engagements de la Déclaration de politique communautaire 2024-2029. Il propose notamment de réaliser une cartographie objective du paysage des médias de proximité, de clarifier leurs missions et de garantir trois principes jugés essentiels : le pluralisme, l’indépendance éditoriale et l’ancrage territorial.
Un enjeu démocratique majeur
Le PS souhaite également renforcer les collaborations entre médias de proximité, ainsi qu’avec la RTBF, afin de gagner en efficacité tout en préservant les identités locales. Les éventuelles fusions devraient rester volontaires, pertinentes sur le plan éditorial et respectueuses des bassins de vie.
Si les budgets consacrés aux médias de proximité restent limités à l’échelle des finances publiques, le PS rappelle que toute instabilité de financement peut avoir des effets immédiats : suppressions d’emplois, appauvrissement de l’offre d’information et recul du pluralisme.
Le message est clair : pour les socialistes, la réforme doit être construite avec les acteurs de terrain, et non imposée. Dans un contexte de défiance envers l’information et de montée des fausses nouvelles, une presse locale forte, indépendante et correctement financée demeure, selon eux, plus que jamais indispensable.
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