Après les licenciements chez BX1, c’est au tour de TV Lux d’être touchée. 4 membres du personnel ont été licenciés avec effet immédiat. Une décision économique qui relance les inquiétudes sur l’avenir des médias de proximité, fragilisés par les réformes.
Le média de proximité, actif sur l’ensemble de la province de Luxembourg, se sépare de quatre membres de son personnel. « On n’était pas du tout au courant. Nous l’avons appris ce matin avec la délégation syndicale : quatre licenciements ont été décidés par l’organe d’administration », rapporte Olivier Orianne, délégué Setca de TV Lux.
Une annonce qui fait froid dans le dos, surtout lorsqu’on entend, de la part de certains responsables politiques, des phrases comme : « Ne vous en faites pas, à Télésambre, vous êtes à l’abri. » Un discours que les employés de TV Lux avaient eux aussi entendu. Ces inquiétudes ne concernent d’ailleurs pas uniquement les travailleurs. Vous êtes nombreux, chers téléspectateurs, à nous interpeller régulièrement sur l’avenir des télévisions locales.
Alors que le budget 2026 entre dans sa phase de finalisation, la direction de Télésambre a souhaité faire le point et clarifier la situation. « Pour Télésambre, en ce moment, nous travaillons sur un budget réaliste, qui sera à l’équilibre, sans toucher à l’emploi », affirme Valérie Dumont, directrice du média carolo.
Il est encore trop tôt pour affirmer que ces annonces sont directement liées à la réforme des médias de proximité. Mais une chose est sûre : d’ici 2031, leur nombre devra passer de douze à huit. Les acteurs disposent de cinq ans pour s’organiser, fusionner ou repenser leur modèle économique. « Nous essayons de trouver d’autres pistes d’économies, sans toucher à l’emploi, je le précise. Cela passe par la suppression temporaire ou définitive de certains avantages, en concertation avec la délégation syndicale. Il y a aussi les coûts de fonctionnement : la RTBF adapte également ses conventions-cadres, ce qui entraîne des changements dans les modes de fonctionnement et les coûts d’exploitation. Nous sommes en discussion avec elle pour identifier ensemble des pistes d’économies », explique Valérie Dumont.
De nombreuses zones d’ombre subsistent néanmoins. Si la dotation de la Fédération Wallonie-Bruxelles est désormais plafonnée à dix millions d’euros par an, qu’en sera-t-il des aides APE ? Et des soutiens communaux ? Sur ces points aussi, les médias de proximité manquent encore de visibilité. « Nous faisons partie des médias de proximité qui demandent le moins aux pouvoirs locaux, rappelle la directrice. Nous sollicitons 0,50 euro par an et par habitant, là où TV Lux demande cinq fois plus. Jusqu’à présent, nous parvenons à maintenir l’emploi tel qu’il est, même si notre équipe travaille à flux tendu. Nous n’avons donc aucune marge de manœuvre pour réduire le personnel, et la protection de l’emploi fait partie de mes valeurs fondamentales. »
Diversifier les sources de financement afin de réduire la dépendance aux subsides : tel est l’objectif affiché. Une transition qui, pour certains médias, se traduit déjà par des suppressions d’emplois. Et ce n’est sans doute que le début.
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