A force d’entendre les mauvaises nouvelles économiques qui s’accumulent chaque jour, on en vient parfois à se demander si la région de Charleroi n’est pas maudite des dieux de l’emploi.
Rien que cette semaine, on a appris la suppression prochaine de 180 emplois aux usines de Thy Marcinelle et de 150 emplois chez Catalent, société phare du biopark de Gosselies. Deux coups de massue qui viennent s’ajouter à d’autres comme la fermeture de Makro il y a quelque temps ou, plus récemment, de Cora. Ou encore la centaine de perte d’emplois chez Thalès.
A chaque fois les autorités de notre région communiquent, se disant aux côtés des travailleurs, compatissant au malheur des employés et de leurs familles qui souvent se retrouvent la détresse la plus totale. Parce qu’ils savent qu’il ne sera pas facile de retrouver un job. Il suffit de demander aux travailleurs de Cora dont la cellule de reconversion n’a aujourd’hui réussi à recaser que quelques dizaines de personnes sur les 1500 perdues en Belgique.
Mais à chaque fois aussi, il faut constater l’impuissance du politique face à des société commerciales qui bien souvent n’ont que faire des contingences et des conséquences humaines souvent dramatiques de décisions purement économiques.
Ce constat semble donc encore plus criant dans la région carolo qui, dès qu’elle semble sortir la tête de l’eau, replonge inexorablement au rythme des annonces de restructurations ou de fermetures d’entreprises phares. Comme si l’Histoire repassait les plats systématiquement
Et ce cercle vicieux ne semble effectivement pas prêt de s’arrêter. C’est d’autant plus vrai que les difficultés socio-économiques du Grand Charleroi ne sont désormais plus conjoncturelles mais sont en passe de devenir structurelles à cause d’un alignement d’étoiles noires au-dessus de sa tête.
Les pertes d’emplois par centaines (confirmées actuellement par un taux de chômage qui n’a plus été aussi élevé depuis longtemps), correspondent en effet avec les mesures de limitation des allocations de chômage dans le temps. Ainsi ces mesures étaient censées diviser les chômeurs exclus en 3 catégories: un tiers devait retrouver un emploi, un tiers émarger au CPAS et un tiers disparaîtrait dans la nature, sans rien. Or on sait désormais qu’il n’en sera rien. A Charleroi, la moitié des chômeurs exclus lors de la première vague ont d’ores et déjà fait une demande d’aide sociale au CPAS.
D’autres mesures gouvernementales n'arrangent pas la situation. À Charleroi, on constate par exemple que la demande d’aide alimentaire n’a jamais été aussi grande… au moment où les subsides au ASBL qui s’en occupent vont être plus que rabotées.
Pour paraphraser Michel Audiard et son dialogue dans les Tontons Flingueurs: Quand la crise économique correspond aux restrictions sociales, faut plus comprendre, faut prier…
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