En Wallonie, 68 % des femmes occupent un emploi. Pour atteindre les 80 %, le Forem mise sur des formations ciblées. À Charleroi, neuf femmes se forment à l’électromécanique avec la promesse d’un CDI à la clé.
En ce mois consacré à la lutte pour l’égalité, le Forem a mis en lumière le projet ElectroGirl – Active ton potenti’ELLE, développé avec Interface 3 Namur et Veolia. L'objectif est de former des femmes à un métier en pénurie et encore très masculin : l’électromécanique. Aujourd’hui, la majorité des électromécaniciens sont des hommes. Pourtant, neuf femmes ont choisi de se lancer dans cette formation intensive de 18 mois.
« Je suis très à l’aise et confiante à l’idée d’aboutir à un emploi stable », explique Marina, l’une des participantes. « C’est un métier en pénurie, donc cela offre pas mal de perspectives. Les formateurs nous accompagnent vraiment. Je n’avais aucune notion d’électricité au départ, à part changer une ampoule ou une prise. » À l’issue du parcours, les participantes décrocheront un contrat à durée indéterminée.
Un secteur en pénurie qui cherche à se diversifier
Pour le Forem, l’enjeu est clair : diversifier les profils dans les métiers techniques. « On retrouve encore majoritairement les femmes dans l’action sociale, l’enseignement ou les services », souligne Raymonde Yerna, administratrice générale du Forem. « Beaucoup moins dans la construction ou l’industrie. Or, électromécanicien fait partie du top cinq des métiers en pénurie en Wallonie. Les entreprises cherchent des profils et nous voulons ouvrir le champ des possibles aux chercheuses d’emploi. »
Du côté de Veolia, l’engagement est concret. « À l’issue de la formation, nous engagerons les candidates en électromécanique dans le cadre de contrats à durée indéterminée. Et nous espérons les garder parmi nous très longtemps », précise Marie Kokot, directrice des Ressources Humaines chez Veolia Belux.
La non-mixité comme levier vers plus de mixité
La formation est exclusivement réservée aux femmes. Un choix assumé. « C’est un levier que nous avons choisi pour que les participantes soient à l’aise, sans comparaison avec des hommes potentiellement plus exposés aux savoirs techniques », explique Aline Renard, coordinatrice du centre de formation et d’inclusion chez Interface 3 Namur. « Les exigences en fin de parcours sont les mêmes, mais le cadre est sécurisant, sans la pression d’être en minorité. » Un environnement qui fait la différence, selon Marina : « Ça retire un poids. On se sent moins jugée, moins observée. On a le droit à l’erreur. »
Les participantes sont néanmoins préparées à la réalité du terrain, où elles travailleront majoritairement avec des hommes. « On a aussi des modules pour renforcer l’estime de soi et apprendre à s’affirmer. Oui, je suis une femme, mais je suis tout aussi capable qu’un homme », ajoute-t-elle. Neuf femmes, neuf parcours, et neuf contrats à la clé d’ici un an et demi. Dans un secteur en tension, l’initiative se veut à la fois une réponse à la pénurie et un pas supplémentaire vers une plus grande mixité des métiers techniques.
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