Coup de théâtre, vendredi matin, devant la cour d'assises du Hainaut. Marcel Pillod, reconnu jeudi coupable d'avoir assassiné Albert Baise chez lui à Charleroi, le 26 avril 2017, ne s'est pas présenté à son procès pour le débat sur la peine.
Vendredi, l'audience a donc été retardée. La veille, l'arrestation du coupable n'avait pas été ordonnée.
L'accusé a toujours contesté être l'auteur de l'homicide. Il a toutefois reconnu avoir placé le corps dans la valise et l'avoir jetée dans le canal. Il avait mis en cause son fils, lequel a toujours nié toute implication, tant dans les faits de violence que dans le recel du cadavre.
Les jurés ont écarté l'hypothèse selon laquelle Albert Baise aurait chuté à trois reprises, entraînant ses blessures à la tête. Ils n'ont pas davantage cru à la version selon laquelle la victime serait décédée à son domicile.
Les jurés estiment qu'Albert Baise a été tué chez Marcel Pillod, notamment parce qu'il portait les vêtements qu'il enfilait habituellement pour sortir. Un morceau de journal, qui se trouvait chez Marcel, a été enfoncé dans l'orifice de la trachée.
Ils ont également estimé que l'intention de tuer était établie, au regard de la localisation des coups portés à la tête, de leur violence et de la vulnérabilité de la victime, fragilisée par une trachéotomie. Le retrait de sa canule respiratoire a conduit à son asphyxie.
La préméditation a été retenue, notamment en raison de l'achat de la valise le jour-même, des déclarations fluctuantes de l'accusé, du paiement en liquide d'un bagage de grande taille et de son mobile financier. Le jury a souligné la cupidité de Marcel Pillod, qui cherchait à s'approprier les avoirs bancaires de la victime.
Concernant Steven Pillod, les jurés ont estimé que sa culpabilité n'était pas établie au-delà de tout doute raisonnable. L'analyse de la téléphonie a exclu sa présence sur les lieux du crime. Le jury n'a par ailleurs accordé aucun crédit aux déclarations contradictoires de Marcel Pillod à son sujet. Le cheveu de Steven retrouvé dans la valise est un élément trop volatile pour le condamner. Enfin, la cour ne tient pas compte de la déposition de son ancienne compagne, alors qu'ils sont en pleine séparation.
Vendredi, jour de la Saint-Marcel, la cour a pu constater l'absence du condamné qui comparaissait libre à son procès et qui n'avait pas fait l'objet d'une arrestation à l'audience.
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