La chambre environnementale de la cour d'appel du Hainaut a rendu mardi un arrêt réformant le jugement de première instance concernant l'introduction illégale de 21 mouflons dans une forêt belge en mars 2019.
Le prévenu, un chasseur originaire de Chimay, a vu sa peine de prison supprimée au profit d'une sanction financière assortie d'un sursis.
En première instance, le tribunal correctionnel de Charleroi avait condamné l'intéressé à 14 mois de prison ferme et à 80.000 euros d'amende. La cour d'appel a remplacé ces peines par une amende de 100.000 euros, dont la moitié assortie d'un sursis de trois ans.
Les faits remontent au mois de mars 2019, lorsque 21 mouflons avaient été introduits sur une propriété forestière privée avant de s'échapper dans la nature quelques jours plus tard. La justice avait alors conclu à une infraction à la loi sur la conservation de la nature, pour avoir introduit dans la nature ou un parc à gibier une espèce animale non indigène.
Le chasseur avait affirmé avoir été trompé sur la nature des bêtes, pensant acquérir des mouflons de Corse (espèce protégée), alors qu'il s'agissait de mouflons classés comme "grand gibier".
La cour a jugé ces explications peu plausibles. Elle a retenu l'infraction à la loi sur la chasse, considérant que l'introduction de ces animaux représentait une menace concrète pour l'équilibre forestier local.
Outre l'amende, l'arrêt impose au mis en cause la remise en état des lieux : près de 177 hectares de plantations (épicéas, chênes) ont subi des écorcements massifs. À la demande du Service public de Wallonie (SPWARNE - DNF), le coupable est aussi contraint d'éradiquer la population de mouflons sur le cantonnement de Chimay et Momignies dans un délai de trois ans. L'espèce entre en effet en compétition avec la faune indigène (chevreuils, sangliers), accentuant la pression sur l'écosystème. De plus, le milieu forestier wallon ne convient pas au mouflon, qui nécessite des sols rocheux pour l'usure de ses sabots.
Si le plan de prélèvement n'est pas mené à bien, le SPW pourra intervenir d'office aux frais du condamné.
L'affaire n'est pas totalement close : une nouvelle audience est prévue le 5 mai 2026 pour statuer sur la détention illégale d'un castor d'Europe et de pattes de grenouilles rousses.
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