Avec la réforme du chômage et la suppression du certificat de gestion pour devenir indépendant, de plus en plus de demandeurs d’emploi se tournent vers l’entrepreneuriat. Mais se lancer n’est pas sans risque : il faut un projet réfléchi.
Les structures d’accompagnement à l’autocréation d’emploi (SAACE), souvent surnommées « couveuses d’entreprise », voient leur fréquentation doubler ces dernières semaines. Ces centres, qui aident les porteurs de projets à créer leur propre emploi, doivent désormais gérer un afflux inédit de candidats.
« On a une capacité dans notre salle d’information d’environ 25 personnes, et aujourd’hui j’ai jusqu’à 50 inscrits par séance. Toutes nos sessions sont complètes jusqu’en décembre, depuis déjà un mois », explique Delphine Van Lersberghe, directrice de Jecréemonjob.be. Face à elles, ce sont souvent des personnes guidées par leurs inquiétudes et leurs urgences, plus que par des idées déjà concrètes. « Les gens sont sous pression, inquiets, cherchent des échappatoires et ne sont pas toujours prêts. Travailler sur son projet et s’installer comme entrepreneur dans ces conditions, c’est compliqué », ajoute Delphine Van Lersberghe.
Un plan B pour beaucoup
La réforme du chômage pousse de nombreux demandeurs d’emploi à envisager l’entrepreneuriat comme plan B. La suppression du certificat de gestion, jusque-là obligatoire, facilite l’accès à ce statut d’indépendant. « Depuis le 1er octobre, nous constatons beaucoup plus de porteurs de projets qu’avant. Mais certains sont moins informés sur les conséquences de la gestion d’entreprise », avertit David Piscicelli, expert du marché du travail à l’UCM. « Cela peut augmenter le risque de faillites si ces personnes ne se préparent pas correctement. »
Malgré l’attrait de l’indépendance, devenir entrepreneur reste un chemin semé d’embûches. Les experts insistent sur la nécessité d’un projet solide et d’un accompagnement. « Ce n’est pas parce qu’on a un hobby ou une envie qu’on peut en vivre », rappelle Delphine Van Lersberghe. « L’accompagnement est essentiel. Ce n’est pas toujours le bon plan B. » Pour David Piscicelli, la prudence est de mise : « Entreprendre, ça se prépare. Il faut un plan, des premiers clients, des calendriers réalistes. Tout doit se faire dans le cadre d’un projet réfléchi, et non sur un coup de tête. Sinon, cela peut entraîner des difficultés financières et humaines importantes. »
Pour accompagner ces nouveaux entrepreneurs, plusieurs dispositifs wallons existent afin de faciliter la création d’entreprise. Les experts et acteurs de terrain appellent les porteurs de projets à bien se renseigner sur leurs droits, leurs obligations et les soutiens disponibles avant de se lancer.
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