Le Gouvernement introduit la « norme énergétique » pour soutenir la compétitivité des industries belges à forte consommation. A Charleroi, qui pourrait bénéficier de cette nouvelle norme ?
Sur proposition du Ministre fédéral de l’Énergie, Mathieu Bihet, le Conseil des ministres a approuvé, en première lecture, l’introduction de la « norme énergétique ». Cette décision très attendue vise à renforcer considérablement la compétitivité de nos industries à forte consommation d’électricité, confrontées à la hausse des coûts et à la concurrence internationale.
Le prix de l’énergie constitue aujourd’hui l’un des facteurs déterminants de compétitivité pour l’industrie. Les entreprises belges actives dans des secteurs stratégiques supportent actuellement des coûts de l’électricité plus élevés que ceux observés chez nos voisins. Cette situation place nos grandes entreprises en position de faiblesse face à leurs concurrentes
directes.
Avec cette réforme, le gouvernement fédéral veut protéger la compétitivité industrielle, tout en inscrivant les entreprises dans la transition énergétique, comme le rappelle le ministre « Le défi consiste à combiner décarbonation et compétitivité de manière à ce que le soutien immédiat s’inscrive également dans le cadre nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre».
La mesure repose sur un mécanisme hybride qui combine un soutien structurel par une réduction des tarifs de transport de l'électricité et l'application temporaire du cadre européen sur les aides d'État dites CISAF (Clean Industrial Deal State Aid Framework).
Un budget de près d’un milliard d’euros sur la législature
Ce montant comprend les crédits prévus dans le cadre budgétaire fédéral ainsi qu’un financement complémentaire décidé lors du dernier conclave budgétaire. Cette enveloppe vise les entreprises électro-intensives belges les plus exposées à la concurrence internationale, pour lesquelles l’électricité représente une part déterminante des coûts de production.
La norme énergétique poursuit plusieurs objectifs complémentaires :
- Elle vise à renforcer la compétitivité des industries électro-intensives belges, particulièrement exposées à des coûts énergétiques plus élevés que ceux observés à l’étranger.
- Elle contribue à stabiliser l’emploi industriel et à sécuriser les investissements dans des secteurs clés pour l’économie belge.
- Elle accélère la transition énergétique de l’industrie, le soutien public étant lié à des engagements concrets en matière d’efficacité énergétique et de décarbonation.
- Nombre « 50 » à retenir pour la piste CISAF :
- 50 % du prix : l’aide peut couvrir au maximum une réduction de 50 % du prix annuel moyen
du marché de gros.
- 50 % de la consommation : cette aide ne peut s’appliquer qu’à 50 % maximum de la
consommation annuelle d’électricité.
- 50 €/MWh minimum : cette réduction ne peut pas aboutir à des prix inférieurs à 50 EUR/MWh
pour la consommation admissible.
- 50 % pour investir : au moins 50 % de l’aide reçue doit être réinvestie dans des projets de
décarbonation, d’efficacité énergétique et de flexibilité de la demande.
Les grandes consommateurs potentiels de la région de Charleroi sont :
- Les anciennes et nouvelles usines (sidérurgie, chimie) sont historiquement de gros consommateurs d'électricité. Industeel, Aperam et d'autres industries du secteur métallurgiques dans le bassin carolo sont des candidats évidents à cette réforme.
- Le secteur de la Chimie est également très présent à Charleroi et souffre également des coûts de transport de l'énergie.
Les organisations patronales belges ont salué l'adoption par le gouvernement fédéral de cette "norme énergétique"
La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) estime que le gouvernement apporte enfin "une réponse à une demande répétée et de plus en plus urgente des industries grandes consommatrices d'électricité". Elle espére que ces mesures seront rapidement mises en œuvre.
La fédération du secteur chimique essenscia fait également savoir qu'elle "apprécie" la réduction des tarifs de transport. Il s'agit selon elle d'"une mesure importante pour lutter contre les prix élevés de l'énergie auxquels l'industrie est confrontée. Mais pour avoir un véritable impact (...), il faut agir vite: une mise en œuvre efficace et des mesures structurelles afin de restaurer notre position internationale." Dans le contexte économique actuel, c'est essentiel pour continuer à attirer des investissements en Belgique et réussir la transition industrielle.
Sur le même sujet
Recommandations
Des friches à un écosystème cleantech : la Porte Ouest se métamorphose
Le Rockerill bientôt rénové sans perdre son âme industrielle
Le Rockerill Vintage Srping Market a une nouvelle fois eu du succès