Depuis le 1er janvier, les garderies des écoles publiques de Charleroi sont devenues payantes. Une mesure liée au Plan Oxygène wallon qui met fin à la gratuité et suscite de vives inquiétudes chez les parents et le personnel.
Après la sonnerie de fin des cours, les écoles carolos ne se vident pas totalement. Le matin, le soir et le mercredi, les accueillants temps libre prennent le relais pour encadrer les enfants. Un service essentiel pour de nombreuses familles, mais qui est désormais payant. Pour Caroline Verbruggen, maman, la garderie représente bien plus qu’un simple mode de garde. Elle explique que les enfants « adorent être là », y trouvent « un échappatoire » et de vrais moments de bonheur. Si elle continuera à y inscrire ses enfants, elle s’inquiète pour d’autres parents qui n'ont peut-être pas les moyens : « Malheureusement, ce sont les enfants qui vont être privés. »
Les nouveaux tarifs s’élèvent à 1,25 euro pour l’accueil du matin ou du soir, et 2,50 euros le mercredi après-midi. Pour un enfant présent chaque jour, la facture peut atteindre près de 500 euros par an. Une somme non négligeable, surtout pour les familles nombreuses.
Selon Julie Patte (PS), échevine de l’Accueil Temps Libre à Charleroi, la fin de la gratuité est une réelle déception. « Quand on a mis en place la gratuité, on a doublé la fréquentation en semaine et triplé celle du mercredi après-midi. Cela a montré à quel point elle est essentielle pour permettre à chaque enfant d’y accéder. »
Moins d’enfants, un risque pour l’emploi
Sur le terrain, les premières conséquences se font déjà sentir. À l’école de la Cité Parc, la directrice Valérie Favier constate une baisse de fréquentation : le matin, elle est inférieure à 60 %, et le soir, elle tourne autour de 50 %. « Cette baisse peut être aussi biaisée par les conditions météorologiques », nuance-t-elle.
Cette diminution inquiète néanmoins les accueillantes. Sandra Ferrian explique que les règles de facturation peuvent décourager certains parents, et confie que « toutes ont peur pour leur emploi ». Moins d’enfants pourrait rapidement signifier moins d’heures de travail. « On va vite perdre des heures », ajoute-t-elle.
Un constat partagé par l’échevine, qui reconnaît que ces emplois sont directement liés au nombre d’enfants accueillis.
S’il y a moins d’enfants, on risque malheureusement de perdre quelques emplois, même si on va essayer de résister au mieux.
Pour atténuer l’impact financier, la Ville de Charleroi a mis en place un chèque de 100 euros par année scolaire pour les enfants domiciliés sur son territoire. Julie Patte invite les familles à y recourir : « Si vous êtes domiciliés à Charleroi, utilisez cette aide. » Une aide saluée par Caroline Verbruggen, même si elle reste prudente : « C’est déjà ça, mais pour les grandes familles, à un moment donné, ça va coincer. »
La situation pourrait toutefois évoluer. L’échevine assure que la gratuité n’est pas définitivement enterrée et qu’un retour reste envisageable, si les finances de la Ville le permettent à l’avenir.
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