Le secteur de l'aide à domicile en Wallonie, directement touché par la flambée des prix des carburants, réclame mardi des mesures urgentes au ministre wallon de la Santé et de l'Économie sociale, Yves Coppieters.
Le front commun syndical et plusieurs fédérations plaident pour une indemnité forfaitaire couvrant au mieux les charges réelles liées à leurs déplacements.
À l'heure actuelle, les dispositifs existants ne répondent pas à cette réalité, estiment les représentants du secteur. Ils souhaitent que tous les kilomètres parcourus par les aides familiales et aides ménagères sociales soient "pleinement financés". "Contrairement à certaines perceptions, les services d'aide à domicile ne peuvent ni compenser ces coûts, ni les répercuter sur les bénéficiaires", rappellent les syndicats et fédérations. "Les barèmes appliqués sont légalement normés, excluant toute augmentation à charge des usagers. Dans le même temps, les services ne disposent pas des moyens nécessaires pour financer eux‑mêmes ces kilomètres missions : le secteur demeure structurellement sous‑subventionné en la matière."
Les interlocuteurs sociaux rappellent qu'un protocole mobilité a été signé afin d'objectiver ces coûts et de garantir leur prise en charge intégrale. Toutefois, malgré une rencontre avec le cabinet du ministre Coppieters en avril 2025, "aucune avancée concrète n'a été observée à ce jour".
En Wallonie, de nombreuses structures qui assurent l'aide et les soins infirmiers à domicile sont organisées sous statut d'asbl, avec des moyens financiers généralement contraints. Sur base des décisions prises par le gouvernement fédéral la semaine dernière face à la hausse des prix de l'énergie, celles-ci pourraient être invitées à augmenter l'indemnité kilométrique de leurs travailleurs, mettant potentiellement leurs finances sous tension. Une des solutions avancées est notamment de demander aux employeurs d'augmenter l'indemnité kilométrique de 10 centimes au maximum, un effort compensé par un régime de crédit d'impôt.
Yves Coppieters s'était dit prêt à prendre des mesures "exceptionnelles, ciblées et temporaires" pour aider les opérateurs wallons du secteur non-marchand qui auront à mettre en œuvre les mesures décidées par le fédéral pour aider les travailleurs face à la hausse des prix des carburants.
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