Le système de soins dans les maisons de repos n'est plus adapté aux besoins des résidents, qui présentent de plus en plus des troubles neurocognitifs et/ou des vulnérabilités psychiatriques.
Cette inadéquation nuit à la qualité de vie des résidents et soumet les prestataires de soins à un risque accru de burn-out, met en garde le Conseil supérieur de la Santé (CSS) dans un avis rendu jeudi.
Le profil et les besoins en soins des résidents des maisons de repos "ont considérablement évolué ces dernières années", rappelle le CSS. Ainsi, les maisons de repos et de soins accueillent de plus en plus de personnes présentant des troubles neurocognitifs et/ou des vulnérabilités psychiatriques, tels que la démence, la dépression et l'anxiété.
Pourtant, les programmes de formation, les instruments d'évaluation, les normes de personnel et les mécanismes de financement n'ont, eux, pas changé et restent principalement axés sur les soins physiques.
Une situation qui pousse le Conseil supérieur de la santé à juger que "l'attention portée aux aspects psychosociaux est insuffisante" et à mettre en garde contre "le fossé croissant entre la complexité de ces besoins de soins et l'organisation actuelle des soins résidentiels aux personnes âgées en Belgique."
Afin de combler ce fossé, le CSS plaide pour "une transformation en profondeur des soins résidentiels aux personnes âgées", sur la base de plusieurs grands principes: des soins davantage centrés sur l'individu; un dépistage standardisé de la santé mentale réalisé dès l'admission d'un nouveau résident; une prescription plus réfléchie des médicaments, singulièrement les psychotropes; un renforcement des soins relationnels et centrés sur l'humain; associer activement les proches à la planification et au suivi des soins et ouvrir les maisons de repos.
Le CSS suggère aussi aux maisons de repos de favoriser la collaboration interdisciplinaire et d'investir dans la formation et la formation continue afin de renforcer les compétences du personnel et de prévenir le burn-out.
L'avis du Conseil supérieur de la Santé s'adresse également aux décideurs politiques. "La réglementation et le financement doivent être adaptés à la complexité croissante des besoins de soins des personnes âgées en maisons de repos (et de soins), avec une attention particulière portée aux troubles neurocognitifs et aux vulnérabilités psychiatriques. Les décideurs politiques et les autorités peuvent ainsi encourager, de différentes manières, les maisons de repos (et de soins) et les prestataires de soins à mettre en œuvre des soins centrés sur la personne, notamment via des labels et des certifications", estime encore le CSS.
Enfin, le Conseil souligne que "l'avenir des soins résidentiels constitue une responsabilité partagée, qui nécessite une collaboration étroite entre les décideurs politiques, les institutions de soins et les prestataires de soins."
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