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Charleroi : Les enseignants réclament plus de moyens (vidéo)

Faute de pouvoir manifester, c'est sur les réseaux sociaux que la CGSP enseignement de Charleroi mobilise ses affiliés. Les enseignants se photographient en choisissant l'une des 6 revendications qu'ils veulent porter. Cela va du manque de masque à la vétusté des locaux.  Des maux nouveaux ou pré-existants que la pandémie ne fait que renforcer. 

Sara Vanoberggen est enseignante à l'Athénée Vauban, elle est aussi déléguée syndicale CGSP, elle n'a pas l'habitude de mâcher ses mots.  Si l'enseignement a été déclaré prioritaire par la ministre de l'éducation, Caroline Désir, cette professeure de néerlandais estime qu'il faut lui donner les moyens de travailler correctement, ce qui à l'heure actuelle n'est toujours pas le cas. 

"Les écoles doivent acheter elles-mêmes du gel hydroalcoolique, c'est un budget énorme pour les établissements. Les professeurs n'ont pas de masques, les élèves gardent parfois le leur une semaine complète. ce n'est pas rassurant. Nous sommes aussi confrontés à l'état des bâtiments scolaires. Ce n'est pas nouveau mais la crise sanitaire met en évidence toutes les insuffisances de l'enseignement.  Aujourd'hui 40% des bâtiments ne seront plus utilisables d'ici 5 à 10 ans sans investissements. Mais aujourd'hui, cela veut dire que ces écoles ne disposent pas de sanitaires en ordre, dans certaines établissements, les fenêtres ne s'ouvrent pas, les infiltrations dans les toits, des classes condamnées ça veut dire qu'il y a moins de place pour espacer les élèves.  Ce sont des choses que l'on ne peut résoudre d'un coup de baguette magique. On ne peut que pallier l'urgence. L'action de la CGSP veut dénoncer cela."

Prévenir plutôt que guérir à nouveau, tel est bien le sens du message.  Parce qu'à côté des difficultés organisationnelles et logistiques il y a la pénurie de professeurs.  Un manque structurel mais que l'épidémie a également amplifié avant les vacances d'Automne.  Beaucoup d'enseignants étaient alors en quarantaine faute d'un testing massif et rapide.  Cette fois la ministre l'a promis, encore faudrait-il que contrairement à Soeur Anne, les écoles le voient venir. 

"L'intention de la ministre est là, il faut qu'elle se concrétise par une stratégie de testing rapide.  Nous avons 4 semaines devant nous avant que les problèmes ne réapparaissent.  Nous craignons néanmoins que cette situation ne dure pendant toute l'année scolaire."

Sondage en salle des profs 

La CGSP a réalisé un sondage auprès de ses affiliés durant la semaine de Toussaint. Les constats sont les mêmes que ceux exprimés par Sara Vanobbergen : Les masques non fournis par l'employeur à savoir la fédération Wallonie Bruxelles et l'absence de politique de tests rapides. Le Permanent CGSP de Charleroi, Christophe Hembergs, relève aussi d'autres inquiétudes.

« Beaucoup d'enseignants craignent que l'épidémie qui s'est calmée durant les vacances ne repartent de plus belle. Pourquoi ? parce que dans le fondamental et le premier degré du secondaire rien ne change.  Les classes sont entières et les cours prodigués toute la semaine. Dans les 2ème et 3ème degré, les groupes classe sont au complet un jour sur deux ou des demi-classes tous les jours. Alors lorsque l'on demande de limiter le nombre total d'élèves à 50% pas les écoles, le compte n'est pas bon. »

Et en attendant, les retards s'accumulent

Il n'y a pas que les manquements au niveau sanitaire qui inquiètent parents et professeurs.  Le retard accumulé par les élèves et le moral de ceux-ci sont aussi des sources de préoccupation. La remédiation est financée mais mal organisée selon Sara Vanobbergen. 

"Il y a eu 17 millions de budget pour offrir des heures de remédiation, mais seulement dans les écoles en grande difficulté. A l'Athénée Vauban, nous n'avons rien reçu. Que disons-nous à nos élèves ? Nous n'avons pas les moyens de nous occuper de vous ? Des élèves sont passés de niveau l'an dernier avec des lacunes, ils ont besoin d'aide.  Le budget voté est à nouveau un budget pour pallier quelques mois de retard, mais il faut être beaucoup plus ambitieux si l'on ne veut pas se retrouver avec des difficultés à plus long terme."

Pour Sara, la nouvelle organisation scolaire met aussi en évidence la fracture numérique qui n'est pas une surprise mais qui se creuse encore un peu plus chaque jour. Et tout cela, malgré les efforts de la société civile, des villes et communes.

"Les professeurs voyagent d'une classe à l'autre, les élèves ne bougent plus, ils n'ont donc plus accès à leur classe et donner cours à distance est plus complexe.  Ensuite, il ne suffit pas de s'équiper, il faut aussi se former.  Les professeurs n'ont pas reçu les formations adéquates. Rien n'a été organisé de manière massive, c'est déplorable. Nous n'avons pu compter que sur la bonne volonté des plus motivés."

Enfin, les budgets pour l'achat de matériel numérique n'est pas suffisant selon Sara Vanobbergen, pour exemple le budget accordé à l'Athénée Vauban n'aura permis d'acheter que 30 ordinateurs pour plus de 300 élèves. 

Un break bénéfique

Un point positif tout de même dans ce tableau un peu sombre, c'est le break des vacances d'Automne qui a été bénéfique. 

"La situation est très différente de celle que nous avons connue avant les vacances.  Les professeurs sont revenus, les équipes sont au complet et il y a peu d'élèves absents.  On va voir, si on va pouvoir tenir jusqu'aux vacances d'hiver."

En effet, ce sont les centres PMS qui sont chargés du traçage des étudiants malades ou en quarantaine.  La CGSP réclame en guise d'ultime revendication que les moyens de ces centres soient renforcés pour ne pas retomber dans le piège tendu par l'épidémie avant les vacances. 

Il reste 4 semaines avant les congés d'hiver, il faudra pouvoir tirer les leçons de la période que nous venons de traverser pour ne pas mettre à nouveau en péril la rentrée de janvier. 

Une pétition #Allocaro #Allofrédo est également active sur les réseaux sociaux pour réclamer des masques dans les écoles.

Ils sont déjà plusieurs à avoir emboité le pas à Sara : 

sara

sara

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