Plus d'heures pour les profs du secondaire supérieur, minerval à 1200 euros, suppression du barème 501 pour les détenteurs d'un master: l'Enseignement payera un lourd tribu pour participer aux économies voulues par le gouvernement MR-Engagés de la FWB.
Au total, ce sont 255 millions d'euros d'économies qui seront réalisées en 2026. "Tous les secteurs sont mis à contribution", a commenté vendredi la ministre-présidente, Elisabeth Degryse au cours d'une conférence de presse.
"Ces décisions permettront de donner le coup de barre nécessaire pour remettre le paquebot de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur la trajectoire de la soutenabilité financière", selon elle.
Poids lourd du budget, l'enseignement obligatoire sera amené à faire à lui seul 86,7 millions d'euros d'économies l'an prochain. Tous les enseignants du secondaire supérieur seront notamment amenés à prester 22 heures hebdomadaires, contre 20 actuellement. Le régime de maladie pour les enseignants sera en outre aligné sur celui du reste de la fonction publique.
Le gouvernement a aussi décidé de mettre fin au dispositif qui permet aujourd'hui aux régents d'accéder à un barème salarial supérieur en suivant un master en sciences pédagogiques.
Dans l'enseignement supérieur, le prix du minerval gelé depuis 2011 à 835 euros sera porté à 1.194 euros pour la moitié environ des étudiants, mais cette augmentation ne sera appliquée qu'aux étudiants dont les parents dépassent un certain niveau de revenus. En dessous de ces seuils, le minerval restera à 835 euros.
À côté de ces économies, le gouvernement programme aussi pour 70 millions d'euros en politiques nouvelles. Malgré ces efforts, le déficit 2026 devrait se chiffrer à 1,6 milliard d'euros, soit un peu plus que le déficit prévu 2025.
"Nous allons instaurer un minerval progressif et plus équitable", a annoncé vendredi la ministre-présidente Elisabeth Degryse, en charge de l'Enseignement supérieur lors de la conférence de presse post-conclave.
Selon la ministre Degryse, le plafond de revenus au-delà duquel le minerval sera majoré n'a pas encore été fixé, mais l'objectif est de voir l'an prochain la moitié environ des étudiants payer le minerval indexé.
Les étudiants boursiers peuvent se rassurer. Ceux-ci conserveront la gratuité de leur minerval. La catégorie "condition modeste" qui permet à ses bénéficiaires de ne payer que 374 euros de minerval sera par ailleurs étendue. Celle-ci ne représente que 1% des étudiants aujourd'hui.
Par ailleurs, le gouvernement a aussi annoncé vendredi vouloir appliquer dès 2027 le modèle DIES (pour 'droit individuel aux études supérieures', ndlr), un mécanisme censé mieux faire contribuer les étudiants non-résidents au coût de leurs études.
Imaginé par deux professeurs de l'UCLouvain, ce mécanisme consiste à augmenter pour tous les étudiants le coût du minerval (à 2.835 euros, selon leur proposition), mais de compenser cette augmentation par l'octroi d'une bourse annuelle (2.000 euros) versée aux seuls étudiants résidents.
Si le principe politique est validé, la hauteur des différents montants qui seront appliqués n'a toutefois pas encore été fixée, a précisé vendredi Mme Degryse.
En fonction du modèle choisi, la mesure pourrait rapporter plusieurs millions d'euros à la FWB, où le coût des étudiants non-résidents est évalué à quelque 200 millions d'euros chaque année.
Sur le même sujet
Recommandations
La Sambrienne : la Région passe à l'action, un manager de crise va être désigné
Charleroi: La venue du vice-président européen a été fortement perturbée
Vers la fin de la publicité des aliments affichant un Nutri-Score D ou E?
Raffaele Fitto en visite à Charleroi : entre accueil institutionnel et contestation citoyenne
Le gouvernement wallon confirme la fin du dispositif APE au 1er janvier 2027
Incendie, Antre du Jeu et cadastre des commerces : résumé du conseil communal
Charleroi n’introduira pas de recours contre l’annulation de la taxe aéroportuaire
Charleroi Métropole : penser le territoire au-delà des frontières communales
Le bourgmestre et les échevins carolos au contact des habitants de Marchienne-au-Pont
Thuin : du matériel communal d’égouttage fourni à des particuliers, une enquête interne ouverte
La ministre Neven fustige la demande d'avance et de prêt de la Sambrienne