Les réseaux sociaux sont-ils devenus les nouveaux supermarchés de la drogue ? À Charleroi, une vidéo promotionnelle diffusée en ligne relance le débat sur le trafic, la sécurité et la présence policière dans certains quartiers.
Les réseaux sociaux sont-ils devenus les nouveaux supermarchés de la drogue ? Snapchat, Instagram ou encore TikTok seraient aujourd’hui des plaques tournantes pour les trafiquants. Charleroi n’y échappe pas. Dernièrement, c’est la cité du Rambulant, à Gilly, qui s’est retrouvée au cœur d’une vidéo promotionnelle.
« C’est choquant pour les citoyens qui habitent ce quartier et qui se sentent démunis face à cette zone de non-droit. Sans oublier la police, qui a été caillassée. Cela révèle une situation très interpellante en termes de sécurité », déplore le conseiller communal Jean-Noël Gillard.
C’est l’élue PTB Kubra Yigitoglu qui a été interpellée par des jeunes Gilliciens. Ils ont reçu cette vidéo avec deux propositions : soit acheter de la drogue, soit devenir dealer. « En affaiblissant les effectifs de police au niveau fédéral, on assiste à un trafic de drogue qui descend d’Anvers jusqu’à Charleroi », constate la conseillère communale carolo.
Le problème ne date pas d’hier. Le deal de drogue existait bien avant l’apparition des réseaux sociaux. Mais aujourd’hui, la drogue est encore plus accessible et se démocratise, notamment auprès des jeunes, ce qui pose problème. Le risque de rivalités violentes n’est pas à exclure non plus. « Ce serait très grave, mais c’est une crainte qui peut être exprimée. On peut imaginer que ce phénomène, en prenant de l’ampleur, mène à des situations comme celles déjà connues à Anderlecht. »
Un scénario que les autorités communales carolos veulent à tout prix éviter. Il n’existera pas de zone de non-droit à Charleroi, et encore moins de bains de sang comme ceux qu’a connus la région bruxelloise.
« On sait que la Belgique devient, notamment à cause du port d’Anvers — par lequel transite environ 60 % de la cocaïne européenne —, un terrain de jeu pour les trafiquants. Il existe des phénomènes de violence urbaine à Charleroi, mais aussi à Anvers, Namur et Bruxelles. À Charleroi, l’approche sera très ferme », prévient le bourgmestre carolo. Les forces de police seront renforcées sur le terrain, en collaboration étroite avec le ministère de l’Intérieur au niveau fédéral.
Aujourd’hui la cité, et demain le centre de Gilly ? C’est la crainte si rien n’est fait.
Pour l’opposition, le retour d’une police de proximité dans certains quartiers fait partie des pistes à explorer. Cinq commissariats pour couvrir l’ensemble des districts, c’est largement insuffisant. Encore faut-il une réelle volonté politique et policière pour s’attaquer au problème.
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