La compagnie Ryanair a annoncé mardi une réduction majeure de ses activités en Belgique pour l’hiver 2026-2027, en réaction au doublement de la taxe aérienne décidée par le gouvernement fédéral et à une nouvelle taxe envisagée par la Ville de Charleroi.
La compagnie low-cost a annoncé qu'elle supprimera 1 million de sièges (-22 %), retirera cinq avions basés dans le pays, et surtout fermera 20 lignes, dont 13 au départ de Charleroi et 7 de Bruxelles-National.
Selon Ryanair, la décision du gouvernement De Wever de porter la taxe aérienne de 5 € à 10 € par passager en partance à partir de 2027, combinée à la possibilité d’une taxe communale supplémentaire de 3 € à l’aéroport de Charleroi dès 2026, rend la Belgique "totalement non compétitive" par rapport à d’autres marchés européens.
Un environnement fiscal "défavorable"
La compagnie irlandaise souligne que ces hausses interviennent seulement cinq mois après une augmentation précédente de 150 % appliquée en juillet. Elle estime que la Belgique prend le chemin inverse de pays comme la Suède, la Hongrie, l’Italie ou la Slovaquie,
Dans une lettre adressée ce mardi au Premier ministre Bart De Wever, au ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke, à la ministre wallonne des Aéroports Cécile Neven et au bourgmestre de Charleroi Thomas Dermine, Ryanair demande l’annulation immédiate des hausses prévues.
Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair, dénonce une décision "curieuse" et "néfaste" avec "des milliers d’emplois en jeu" :
"Le gouvernement De Wever a pris la curieuse décision d’augmenter encore une fois la taxe aérienne déjà extrêmement élevée en Belgique, de +100 % à partir de janvier 2027, en plus des +150 % appliqués en juillet dernier. (…) À la suite de cette deuxième augmentation en seulement 5 mois, Ryanair a été contrainte de réduire de 22 % son trafic à Bruxelles et de retirer 5 avions basés à Charleroi.", comme indiqué dans le communiqué de presse de la compagnie.
Le dirigeant avertit que si la taxe communale de Charleroi est confirmée, la compagnie sera amenée à réduire davantage ses vols et sa présence dès avril 2026, menaçant selon lui "des milliers d’emplois locaux" et les recettes liées à la TVA, à l’impôt des sociétés et aux salaires.
La compagnie Ryanair appelle donc à un revirement rapide. La compagnie prévient qu’à défaut de changement, le trafic, le tourisme et l'économie belge pourraient "s’effondrer davantage".
Le gouvernement fédéral et les autorités locales n'ont pas encore réagi.
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