L'avenir de Thy-Marcinelle reste plus que jamais au cœur des préoccupations. Un mois après le début de la grève et l'annonce de 179 suppressions d'emplois, de nouvelles pistes sont aujourd'hui sur la table pour tenter de sauver le site carolorégien.
Voilà déjà un mois que les travailleurs du site de Thy-Marcinelle sont en grève. En cause : le refus des travailleurs de renouveler le régime de chômage économique mis en place il y a trois ans à la demande de la direction.
« On s’est mis à table et on leur a dit qu’on ne voulait plus leur accorder de prolongation du chômage économique. Ils n’ont pas respecté certains de leurs engagements. On sentait déjà que la restructuration allait arriver », se rappelle Gary Ribeiro, délégué CSC.
Cette décision a été suivie par l’annonce d’une restructuration prévoyant la suppression de 179 emplois.
« La commission paritaire nous a renvoyés vers l’entreprise pour avancer, mais nous n’avons pas eu d’autres discussions, si ce n’est pour nous annoncer leur intention de supprimer 179 emplois », précise Kevin Verbinnen, permanent CSC METEA.
Depuis, une piste sérieuse semble toutefois se dessiner : la reconversion de l’aciérie électrique de Thy-Marcinelle afin de préserver l’activité du laminoir NLMK de La Louvière. D’ici deux ans, le site louviérois ne pourra plus être alimenté par des brames d’acier en provenance de Russie. Une solution alternative devra donc être trouvée pour assurer son approvisionnement.
« Comme l’outil est ici, cela coûterait moins cher, c’est certain, même s’il y a beaucoup de choses à mettre en place. C’est une piste envisageable avec, on l’espère, des répercussions positives sur l’emploi », estime Jacquy Neijns, délégué FGTB.
Le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, va même plus loin en évoquant une procédure d’expropriation à l’encontre du groupe Riva, exploitant du site carolo.
« C’est pour cela que la direction doit se mettre à la table des négociations. En tant que bourgmestre de Charleroi, je suis prêt à lancer une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique afin de permettre un projet alternatif. Nous ne voulons pas voir apparaître un chancre industriel supplémentaire à Charleroi. Le Conseil d’État considère d’ailleurs que la préservation de l’activité industrielle, de l’emploi et la lutte contre la création de friches constituent des motifs valables pour engager une telle procédure », annonce Thomas Dermine.
En parallèle, la Région wallonne suit le dossier de près. Via Wallonie Entreprendre, elle détient 50 % de la filiale européenne de NLMK aux côtés de la maison mère du groupe. Une délégation des travailleurs a d’ailleurs été reçue cet après-midi à Namur par le ministre-président Adrien Dolimont.
Un objectif semble aujourd’hui faire consensus : préserver l’outil industriel et maintenir un maximum d’emplois.
Les prochaines heures pourraient être décisives. Lundi, syndicats et direction se retrouveront autour de la table. Mardi, les ministres wallons poursuivront les discussions avec les responsables du groupe afin de tenter de dessiner un avenir pour Thy-Marcinelle.
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