Environ 3.500 travailleurs dans des entreprises de titres-services d'économie sociale risquent de perdre leur emploi en raison d'une possible suppression de l'aide à l'emploi "SINE" par le gouvernement wallon, alerte mardi la Fédération InitiativES.
Le ministre wallon de l'Emploi et de l'Économie Pierre-Yves Jeholet a fait savoir qu'il n'était pas prévu de supprimer l'aide "SINE" au 1er janvier et que la priorité était de lutter contre les cas de double subventionnement.
Le programme de mise à l'emploi "SINE" a pour objectif de réinsérer les demandeurs d'emploi très difficiles à intégrer sur le marché du travail. La mise à l'emploi s'effectue dans le secteur de l'économie sociale d'insertion, dans des entreprises axées sur l'accompagnement dans le processus de travail de chômeurs de longue durée et de groupes à risque avec des problèmes de tout type, peut-on lire sur le site de la Région wallonne. L'entreprise qui engage un travailleur ciblé par ce programme peut notamment prétendre à une dispense forfaitaire de cotisations patronales et à une intervention financière dans le coût salarial.
La Fédération InitiativES, qui représente, notamment, les entreprises d'insertion, estime que supprimer l'aide "SINE" reviendrait à s'attaquer aux travailleurs les plus fragiles (problèmes psychosociaux, de santé, parentalité solo, faible qualification, ruptures de carrière). Elle pointe également le coût économique de cette mesure pour les finances publiques puisque les travailleurs exclus d'un emploi se rabattront sur les CPAS. InitiativES note que chaque emploi bénéficiant du "SINE" représente en fait une économie de 20.000 € pour la société.
"Cette interdiction arriverait au moment même où la réforme fédérale du chômage va forcer des milliers de personnes à rechercher un emploi, alors qu'elles présentent exactement les mêmes fragilités que les travailleurs 'SINE'", note la fédération. "Supprimer l'accès au 'SINE' reviendrait à fermer la porte du marché du travail aux publics les plus vulnérables."
InitiativES se dit ouverte à une modernisation du mécanisme, mais fermement opposée à une suppression.
"Aujourd'hui, certaines sociétés cumulent l'aide à l'emploi 'SINE' avec la subvention titres-services. Ce cumul étonne dès lors que le financement des titres-services suffit en principe à couvrir l'ensemble des charges propres aux travailleurs du secteur. Cette situation particulière est toujours en cours d'examen", a réagi le ministre wallon de l'Emploi et de l'Économie Pierre-Yves Jeholet.
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