Même si la prise en charge des Belges pour un trouble de santé mentale progresse, l'accessibilité des soins psychologiques rencontre encore des obstacles, financiers et géographiques notamment, regrette Solidaris mercredi.
Sur base des données des affiliés à la mutualité socialiste, davantage de personnes sont prises en charge pour un trouble de santé mentale, passant de 14,67% des affiliés en 2021 à 15,86% en 2023. Cette progression est principalement due, selon Solidaris, à la récente convention de soins psychologiques, qui permet une prise en charge ambulatoire financièrement abordable.
Pour la mutualité, c'est cependant insuffisant, en veut pour preuve une enquête qu'elle a menée auprès de 822 adultes francophones, dont 44% déclarent avoir besoin d'un accompagnement psychologique. Or, seuls 15,86% en bénéficient réellement, déplore Solidaris.
Les patients et patientes font également face à des inégalités géographiques "importantes", relève la mutualité. Les psychologues de première ligne sont principalement concentrés dans les (grandes) villes. En zone rurale, il faut parcourir une distance près de trois fois supérieure par rapport aux grandes villes pour pouvoir consulter. "Cette distance impacte directement le recours aux soins : plus le cabinet est éloigné, moins la prise en charge est probable", souligne Solidaris.
"Face au manque d'accessibilité, les médicaments, et notamment les antidépresseurs, restent une solution par défaut", alerte Solidaris. Ainsi, la consommation d'antidépresseurs progresse, surtout chez les femmes, les personnes vulnérables socio-économiquement, et les jeunes adultes. "Près de 8 patients sur 10 consommant des antidépresseurs n'ont pas eu de contact avec un professionnel de la santé mentale", relève en outre la mutualité.
"La situation actuelle indique un accès aux soins psychologiques encore insuffisant face aux besoins non rencontrés de la population", juge Solidaris qui plaide pour renforcer l'accessibilité financière et géographique des soins psychologiques. La mutualité souhaite notamment une gratuité des séances pour les plus précaires (bénéficiant du statut BIM) et un soutien accru pour les femmes, ou encore de mieux informer patients et professionnels de la santé mentale "pour un accès plus efficace aux soins".
Solidaris défend enfin une intégration durable des soins psychologiques dans la sécurité sociale, ce qui "permettrait de reconnaître les soins de santé mentale comme essentiels".
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