À l'issue du Conseil des ministres restreint, les ministres David Clarinval et Frank Vandenbroucke ont annoncé vendredi que le gouvernement a décidé une amélioration à court terme pour les aidants proches au chômage.
Lors de la réforme du chômage, un mécanisme de protection transitoire avait été prévu pour les demandeurs d'emploi aidants proches qui bénéficient d'une dispense de l'ONEM de l'obligation de recherche d'emploi. Mais, actuellement, le montant de l'allocation de chômage liée à cette dispense se situe entre 316 et 390 euros par mois, un montant trop faible. Le gouvernement a donc décidé de revoir sa copie sur ce point.
« Conscient des réalités humaines, souvent lourdes, auxquelles sont confrontés les aidants proches, le gouvernement a décidé d’augmenter substantiellement et structurellement le montant de ces allocations de chômage à partir du 1er mars 2026 pour atteindre 745,94 € par mois, pratiquement le double de l’allocation actuelle », précise le communiqué du gouvernement.
Les aidants proches auront le temps de se faire connaître. Les Vice-premiers demandent aux personnes concernées par une exclusion du chômage le 1er mars, et dans les prochaines vagues, de se manifester rapidement. Après une analyse de leur dossier par les administrations pour vérifier si les conditions sont respectées, la dispense d'aidant proche sera octroyée, avec le montant d'allocation augmenté.
" Nous connaissons pratiquement tous dans notre entourage quelqu’un qui prend soin d'un proche. Les aidants proches jouent un rôle clé dans notre société. Pour cette raison, nous augmentons le montant de l'allocation des aidants proches et leur offrons une meilleure protection. Je me réjouis que nous ayons trouvé une solution plus complète sur ce sujet sur lequel nous travaillons depuis longtemps. Nous poursuivons l’action pour améliorer le statut des aidants proches. "
David Clarinval, ministre de l'Emploi (MR)
« Les personnes qui s'occupent de proches vulnérables méritent notre soutien. C'est ça, la solidarité. C'est pourquoi nous améliorons l'allocation versée aux personnes qui ne sont pas en mesure de travailler. Nous élaborons également un Plan d'action Aidants proches qui vise à revaloriser le statut actuel de l'aidant proche. Nous voulons le rendre plus accessible et plus flexible et nous y associons un soutien plus concret. De cette manière, nous offrons le meilleur soutien possible à ceux et celles qui aident d'autres personnes. »
Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé (Vooruit)
Par ailleurs, les ministres Clarinval et Vandenbroucke annoncent qu’ils prendront également des mesures en vue d'une amélioration structurelle du statut et des droits des aidants proches, comme prévu dans l'accord de gouvernement, afin de garantir « une politique cohérente et complémentaire en matière d'aide aux aidants proches ».
L'ASBL Aidants Proches a directement fait part de sa réaction suite à ces déclarations
"Les déclarations du ministre Clarinval à sa sortie du kern de ce vendredi constituent un geste positif. En acceptant de geler sa réforme le temps nécessaire comme nous le lui demandions, il enlève un poids important à tous les aidants-proches qui allaient être exclus du chômage dès le 1er mars. Il n'est par contre pas acceptable que ce gel débouche sur une diminution de leurs allocations ainsi qu'il l'annonce désormais, alors qu'il avait pris l'engagement inverse le 5 février dernier.
La déclaration du ministre de l’Emploi David Clarinval de ce vendredi 13 février constitue un geste positif de sa part que nous saluons. En acceptant de geler sa réforme le temps nécessaire ainsi que nous le lui demandions, il offre un sursis à brève échéance aux aidants-proches concernés.
Il n'est par contre pas acceptable qu'il envisage de revoir leurs allocations à la baisse dans l'attente d'une solution pérenne, ainsi qu'il l'annonce ce vendredi dans une communication qui reste très floue. Le 5 février dernier, par voie de communiqué, il avait lui-même pris l'engagement de leur octroyer "un montant forfaitaire qui correspond au montant qu'ils touchent actuellement".
C'est tout différent des propos qu'il tient désormais en annonçant que l'indemnité pour les aidants-proches reconnus par l'Onem comme ne pouvant rechercher un travail à plein temps, qui est actuellement de 15 euros par jour - soit entre 330 et 390 euros par mois selon le nombre de jours ouvrables - serait portée à 745,94 euros mensuels.
Si cela permettrait de se rapprocher de ce que perçoit un cohabitant en dernière phase de dégressivité, on serait encore loin de ce que peut recevoir une maman ou un papa solo élevant un enfant porteur de handicap, dont l’allocation avoisine actuellement 68€ quotidiens. Dans leur cas, cela impliquerait une perte de plus de 1.000€ mensuels, ce qui resterait aussi inintéressant qu’indécent", précise l'asbl.
Par ailleurs l'asbl demande de tenir compte de la réalité familiale
Nous l'appelons solennellement à respecter sa parole et à faire connaître désormais rapidement les modalités précises du dispositif mis en place ainsi que de son impact concret, en ce compris à l’égard des aidants-proches apportant des soins lourds ou continus à un proche gravement malade ou porteur d’un lourd handicap qui ont déjà été exclus de leur droit aux allocations le 1er janvier dernier.
« Il est primordial que ce gel de la réforme soit réel sur tous les plans, en ce compris donc sur le montant des allocations, et qu'il concerne l’ensemble des personnes victimes de la réforme chômage qui n’avait pas tenu compte de la réalité familiale des aidants-proches », résume le directeur de l’ASBL, Maxime Delaite. « Il est tout aussi important que ce gel puisse perdurer le temps nécessaire à la création d’une véritable allocation sociale bénéficiant à ces personnes qui, en raison de leur rôle, ne peuvent être disponibles pour le marché du travail à temps plein. Nous appelons également M. Clarinval à tenir compte de nos demandes du 6 février dernier, et notamment l’ouverture de ce dispositif sans aucune limite d'âge désormais aux aidants-proches s’occupant d’un membre de leur ménage lourdement handicapé. Prendre en considération des situations de garde alternée est tout aussi important, comme l’est de ne pas mettre en place un dispositif qui constituerait une entrave à la possibilité qu’ont des aidants-proches de travailler certains jours, que ce soit sous statut salarié ou indépendant.
Nous demeurons par ailleurs disponibles pour apporter au gouvernement notre expertise afin de construire avec lui une solution pérenne qui soit réaliste, cohérente et humaine en la matière. Il en est de même dans le cadre de l’élaboration d’un véritable statut qui bénéficiera à tous les aidants-proches, dont les besoins sont particulièrement pluriels, et dépassent le simple cas des allocations de chômage."
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