Les deux affaires peuvent-elles être comparées? Il y a sans nul doute une impression de déjà-vu. Dans les deux cas, ce qui interroge d’abord, c’est la gouvernance. Des conseils d’administration très politisés. Des décisions prises loin du regard des citoyens. Et un contrôle qui semble arriver trop tard. À La Carolo hier, à La Sambrienne aujourd’hui, le même soupçon s’installe : celui d’un système qui peine à se surveiller lui-même.
Autre point commun : les signaux d’alerte. Des critiques existaient. Des questions étaient posées. Mais elles n’ont pas été suivies d’effets suffisamment rapides ou suffisamment forts. Le problème n’est donc pas seulement ce qui a dérapé, mais ce qui n’a pas été corrigé à temps alors que les difficultés étaient connues.
Et puis, il y a l’essentiel : l’argent public. L’argent du logement social. Celui qui doit servir à loger dignement les personnes les plus fragiles. Quand une société de logement vacille, ce ne sont pas des tableaux Excel qui souffrent. Ce sont des locataires. Des familles. Des quartiers entiers.
La différence majeure tient à l’époque. En 2005, le scandale de La Carolo s’inscrivait dans une série d’affaires qui donnaient à Charleroi une image durablement écornée. Aujourd’hui, l’affaire Sambrienne éclate dans un contexte de contrôles renforcés, de réformes annoncées, de tutelles plus structurées. Des mécanismes de contrôle ont été mis en place.
Mais les failles restent visiblement énormes. Et c’est ce qui crée le malaise 20 ans plus tard.
Autre évolution notable : la parole des locataires. Elle est plus forte. Plus visible. Et plus rapidement accessible. Parce que les médias et les réseaux sociaux répercutent instantanément.. Fini les temps de latence. Et ça ça ne pardonne pas.
La Carolo fut le scandale de la prise de conscience.
La Sambrienne est celui de la récidive. et c’est sans doute ce qui est est le plus impardonnable sous réserve des conclusions de l’audit que la ministre wallonne du Logement Cécile Neven a commandé.
Car la question n’est pas uniquement technique ou administrative. Comme en 2005, elle devient éminemment politique. Comment restaurer la confiance si chaque crise est suivie de promesses, puis d’un nouveau rendez-vous manqué ? À Charleroi, le logement public ne peut plus être un angle mort. Il doit devenir un terrain d’exemplarité.
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