Le gouvernement wallon a décidé de ne pas approuver la taxe communale de 3 euros par passager au départ de BSCA que les autorités communales souhaitaient imposer. La Ville peut encore déposer un recours. Mais la situation fait toujours débat.
Un soulagement pour BSCA. Pour la Ville, un choix raisonné
Pour BSCA, le non à cette taxe, c’est un véritable soulagement.
« 16 millions d’euros, précise Christophe Segaert, le CEO de BSCA, c’est plus que le profit attendu en 2027. Avec cette taxe, on aurait même craint la faillite. »
La Ville, parle, elle, de choix raisonné. Cette taxe, elle avait voulu l’appliquer à un seul opérateur qui bénéficie des infrastructure carolos (police, routes,…) plutôt qu’aux citoyens et aux diverses entreprises carolos à travers une taxe sur la force motrice, par exemple. Et rappelle que c’est la Région Wallonne qui a forcé Charleroi à faire des économies pour bénéficier de son aide financière dans le cadre du plan Oxygène.
Le MR, dans l’opposition à Charleroi, est favorable au « non » à cette taxe et rappelle que le développement de l’aéroport est primordial pour Charleroi. Surtout qu’une solution a été trouvée pour le budget carolo.
« Un mécanisme purement budgétaire a permis de compenser la mauvaise nouvelle pour le budget, rappelle Nicolas Tzanetatos, conseiller communal MR à Charleroi. La Région Wallonne a autorisé Charleroi à utiliser ses provisions. Et donc, il n’y aura pas d’impact sur le budget 2026. »
Ce que le bourgmestre de Charleroi admet, même s’il ne trouve pas cette solution idéale.
« Le Gouvernement Wallon a décidé de façon unilatérale d’aller ponctionner dans nos réserves, régit Thomas Dermine. Reste que pour nous, à plus long terme, c’est un appauvrissement des carolos. »
Un recours reste possible pour la Ville
La Ville de Charleroi a encore le droit d’introduire un recours au Conseil d’Etat contre la décision du Gouvernement Wallon. Mais Charleroi va donc analyser la situation avant de prendre sa décision.
« On n’ a pas encore reçu les Arrêtés du Gouvernement Wallon, ajoute le bourgmestre de Charleroi. On ne sait pas encore quels sont les motifs d’annulation. Quand on le saura, on réfléchira avec nos conseils juridiques et on prendra une décision. »
Il reste la taxe du Gouvernement Fédéral
Ryanair a accueilli positivement la décision du Gouvernement Wallon. Et a donc levé une partie de ses menaces. Le programme des vols de cet été reste celui prévu. Sans aucune suppression de sièges à BSCA. Mais la compagnie low cost demande aussi au Féréral de revenir sur sa décision d’augmenter sa propre taxe. Ryanair menace de supprimer cinq avions du tarmac gosselien.
« Cinq avions, ajoute encore le CEO de BSCA, c’est 30% des avions basés à Charleroi. Les perdre pourrait impacter 1 100 emplois pour la plateforme (nous et nos partenaires) et 150 personnes concernées chez BSCA. Nous ne serions pas en faillite, mais ça ne nous permettrait pas de continuer nos investissements, entre autres de développement. »
Le bras de fer se poursuit donc. Entre recours possible au Conseil d’Etat et lutte entre le Gouvernement Fédéral, Ryanair et les aéroports, on n’a pas fini d’en entendre parler.
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