Le gouvernement wallon refuse la taxe de 3 € par passager sur l’aéroport de Charleroi. Le budget 2026 reste à l’équilibre, mais la Ville doit trouver 15 millions ailleurs. Tensions et incompréhensions persistent entre la Région et Charleroi.
Le budget 2026 de la Ville de Charleroi a été bouclé à l’équilibre, mais un rebondissement de taille perturbe les finances communales. Le gouvernement wallon a refusé la taxe de 3 € par passager au départ de l’aéroport, qui devait rapporter environ 13 millions d’euros par an.Un nouveau coup dur pour les réserves de la Ville, qui passent de plus de 13 millions à seulement 1 million.
Selon le ministre wallon des Pouvoirs Locaux, François Desquenes, la décision se justifie par le fait que la taxe se basait sur des chiffres exceptionnels de 2023-2024 et ne reflétait pas l’impact économique réel. « La recette de la taxe est annulée. Nous avons opéré une révision en équilibrant le budget par une ponction sur les boni antérieurs qui n’étaient pas utilisés », explique-t-il.
Céline Neven, ministre wallonne des Aéroports, souligne le contexte plus large : « On est dans une stratégie de renforcement de l’autonomie des sociétés de gestion et de diminution de leur dépendance aux subsides wallons. Pour négocier dans un contexte positif, il faut un minimum de stabilité financière et économique. »
Une ville qui défend ses citoyens
Pour la Ville de Charleroi, cette décision reste incompréhensible. Le bourgmestre Thomas Dermine (PS) dénonce une mesure mal anticipée et non concertée : « Nous avions clairement demandé une solution alternative pour compenser nos finances communales. La taxe sur l’aéroport devait éviter de taxer les citoyens et les PME. Que le gouvernement l’annule, c’est simplement incompréhensible. »
Le climat reste tendu entre le gouvernement et les grandes villes comme Charleroi. Selon Pierre-Yves Jeholet, vice-président et ministre wallon de l’Économie, la taxe carolo était économiquement incohérente : « Taxer comme l’a fait le bourgmestre de Charleroi, c’est une stupidité économique. Le gouvernement a été cohérent et a assumé ses responsabilités. »
Pour Charleroi, l’impact est concret : « Les provisions d’une ville servent normalement à faire face à des dépenses imprévues. Là, elles vont servir à compenser une taxe annulée. C’est de l’argent qui ne pourra pas être utilisé autrement », insiste Thomas Dermine.
Vers la taxe fédérale
Ce mardi, le gouvernement wallon a demandé au Premier ministre de lancer une concertation sur l’augmentation de la taxe fédérale d’embarquement. La Ville de Charleroi espère que cette taxe suivra le même traitement que la sienne et étudie ses options de recours.
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