Ryanair va supprimer un million de sièges à Bruxelles et Charleroi dès l’hiver 2026-2027 et retirer cinq avions de sa base carolo. En cause : la hausse des taxes. Un bras de fer s’engage entre la compagnie et les autorités.
Coup de tonnerre dans le ciel belge. Ryanair annonce la suppression d’un million de sièges à Bruxelles et à Charleroi dès l’hiver 2026-2027. Cinq avions quitteront la base carolo. En cause : l’augmentation des taxes.
« C’est entièrement dû à la décision irréfléchie et stupide du gouvernement belge d’augmenter sa taxe aéronautique de plus de 400 % en cinq mois. Et, en plus de cela, il y a la proposition absurde du conseil communal de Charleroi d’introduire une taxe aéronautique de 3 euros par passager partant », explique Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair.
Au cœur de cette discorde : la taxe fédérale sur les billets d’embarquement, appelée à doubler pour atteindre 10 euros par passager en 2027, et la volonté de la Ville de Charleroi d’instaurer une taxe communale de trois euros par passager partant dès l’an prochain.
« Nous avons une redevance de 3 euros qui vise l’aéroport, pas les compagnies aériennes ni Ryanair, précise Thomas Dermine. Nous nous sommes assurés que l’aéroport a les reins suffisamment solides pour absorber cette taxe sans la répercuter sur les passagers. Le Fédéral, c’est tout l’inverse : il s’agit d’une taxe de 10 euros, soit trois fois plus importante que la taxe communale, et qui vise directement les voyageurs. Ryanair nous menace en nous demandant même d’essayer d’influencer le Fédéral, ce qui est tout de même le comble. »
Depuis l’annonce de Ryanair, plusieurs aéroports européens ainsi que des gouvernements nationaux et régionaux ont manifesté leur intérêt auprès de la maison-mère pour récupérer ces sièges.
« Ce matin encore, depuis notre annonce, nous avons été contactés par un gouvernement européen et par plusieurs gouvernements régionaux souhaitant desservir Dublin dès la semaine prochaine. J’ai formulé des propositions pour utiliser une partie de ces capacités », indique la compagnie.
Concrètement, vingt liaisons seront supprimées sur le programme hivernal, dont treize au départ de Charleroi. Cela représente une baisse de 22 % de l’offre et une perte d’investissement estimée à 430 millions d’euros. L’avenir s’annonce donc incertain : « Ryanair sera beaucoup plus petite en Belgique qu’elle ne l’est aujourd’hui », prévient encore la direction.
La compagnie avertit également : si la taxe fédérale est confirmée, elle pourrait réduire davantage ses vols dès avril prochain. À la clé, selon Ryanair, ce sont des milliers d’emplois directs et indirects qui seraient menacés autour des aéroports.
Dans un communiqué, le ministre-président wallon Adrien Dolimont résume la situation en une formule : « Trop de taxes tue la taxe. »
« Nous allons tout faire, au niveau du gouvernement wallon, pour tenter de bloquer la taxe Dermine en activant tous les leviers. Aujourd’hui, si Ryanair enlève cinq de ses dix-huit appareils, ce sont 1 100 emplois directs et indirects qui risquent d’être impactés, sans compter les 100 millions d’euros de retombées économiques potentielles en moins pour la Belgique », prévient-il.
Un dossier sensible aux lourdes conséquences pour le trafic aérien en Belgique et pour les différents niveaux de pouvoir. À l’approche des fêtes, l’épine est bien dans le pied de nombreux acteurs politiques.
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