BSCA bascule… Trois euros, c’était trop. Dix euros, ça passe. Voilà le résumé de la décision du gouvernement wallon à propos d’une taxe communale sur les billets d’avion qui frappe aujourd’hui Charleroi.
La Ville avait fait un choix clair : ne pas taxer davantage les citoyens ni les entreprises, mais demander à l’aéroport de contribuer, à hauteur de 3 euros par passager, aux coûts bien réels qu’il génère pour la collectivité : mobilité, sécurité, voiries.
Cette contribution a été annulée, unilatéralement, par le Gouvernement wallon.
Cela voudrait dire que 3 euros c’est “inacceptable” mais 10 euros ça l’est? Poser la question, c’est y répondre… Le Gouvernement fédéral a introduit une taxe de 10 euros par passager, soutenue par des partis qui gouvernent aussi en Wallonie. Là, soudainement, pas de cris d’orfraie, plus de menaces sur l’avenir du transport aérien, juste une petite lettre avant tout symbolique à Bart De Wever.
Mais cette décision est intervenue sous la pression directe de Michael O’Leary. Et elle n’est sans doute pas tombée par hasard. Le patron de Ryanair a qualifié les nouvelles taxes sur les billets -la fédérale passant de 2 € à 10 € d’ici 2027 et la proposition d’une taxe municipale de 3 € par passager à Charleroi, de “stupides” ou “ridicules”. Il a averti que Ryanair réduirait ses opérations en Belgique si ces taxes n’étaient pas supprimées ou ajustées. Avec, forcément à la clé, des menaces sur les emplois que l’activité de la société irlandaise génère localement. Et l’on sait que chez nous peut-être encore plus qu’ailleurs, on ne peut pas se permettre de prendre ce risque. C’est un des arguments du gouvernement wallon et ça se tient…
Soyons honnêtes : quand on prend l’avion pour des vacances ou un déplacement professionnel, souvent à des prix déjà très bas, ce n’est pas une taxe de 3 euros qui change la décision de voyager. Ce n’est ni excessif, ni dissuasif, ni déraisonnable.
Autre question fondamentale : quelle autonomie reste-t-il aux villes wallonnes ?
Car dans le même temps, on impose aux villes des mesures budgétaires de plus en plus dures, on leur demande de lever d’autres taxes, puis on les empêche d’agir quand elles proposent des solutions équilibrées. Qui protège encore leur capacité à investir, à assumer leurs missions, et à préparer l’avenir de leurs habitants ?
À force de céder aux pressions et d’affaiblir les villes et communes, ce sont les territoires et les citoyens qui paient la facture. Et ça, ce n’est ni juste, ni cohérent, ni durable.
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