Charleroi introduira dès 2026 une taxe de 3 euros par passager au départ de BSCA. La Ville attend un rendement d’environ 15 millions d’euros par an pour compenser les impacts de l’aéroport sur son territoire.
La Ville présente aujourd’hui sa note de Politique générale pour 2026. Elle y détaille sa philosophie d’action et ses projets : réorganisation du système des agents de quartier, modernisation du réseau de caméras, priorités en matière de logement, pénurie d’enseignants, éclairage public… Elle y dévoile aussi les mesures destinées à assainir les finances communales dans le cadre du Plan Oxygène. Au-delà de ce qui était déjà connu, une nouveauté apparaît dans les recettes : BSCA pourrait être redevable d’une taxe de 3 euros par passager au départ.
Au niveau des recettes, aucune nouvelle taxe pour les citoyens, ni pour les PMEs et les indépendants n’a été insérée dans le budget en sus des règlements-taxes et redevances. La seule nouvelle mesure fiscale concerne l’introduction d’une taxe sur les passagers au départ de Brussels South Charleroi Airport : BSCA sera le redevable de cette nouvelle taxe à hauteur de 3 euros par passager partant
La Ville prévoit un rendement d’environ 15 millions d’euros par an. Elle justifie cette taxe par les externalités générées sur le territoire : bruit, sécurité, impact du charroi, stationnement ventouse sur la voirie, « sans que la Ville ne perçoive le moindre euro sur les activités de l’aéroport ». La taxe vise l’aéroport et pas les compagnies directement pour minimiser les impacts sur l’activité économique. Une décision qu'Adrien Dolimont (MR), ministre-président du gouvernement wallon, n'approuve pas :
Je trouve que ce n’est pas une bonne idée et j’espère qu’on va pouvoir la contrer ou qu’ils reviennent à la raison et n’attaquent pas un outil économique structurant pour les carolos. Ramener une taxe alors que l’on veut diminuer les subsides et la participation publique de l’aéroport afin d’augmenter son autonomie, est un non-sens. On veut augmenter son autonomie pour accompagner sa croissance.
2026, et après ?
La Ville se veut rassurante pour 2026, mais exprime des inquiétudes pour la suite. Elle indique dans sa note que l’horizon 2027 est marqué par une incertitude liée à l’extinction programmée de l’aide “Oxygène” du Gouvernement wallon.
À ce stade, aucune réforme structurelle destinée à refinancer durablement les grandes villes et à corriger l’impact des 4P (Police, Pompiers, Pension, Pauvreté) n’a encore été annoncée par les niveaux de pouvoir fédéral et régional.
Un reportage consacré à cette note, et en particulier à la nouvelle taxe visant BSCA, sera à découvrir dans notre JT ce soir. Un article plus complet sera également publié sur notre site dans la journée.
Sur le même sujet
Recommandations
Ryanair compte toujours réduire sa flotte en Belgique en raison de la taxe sur les billets
Taxe à l'embarquement : Jan Jambon, le ministre des finances ne change pas d'avis
Le décret luttant contre les nuisances sonores des avions adopté par le parlement wallon
Grève chez Skeyes : Les premiers vols ont été opérés normalement mercredi à l'aéroport de Charleroi
Grève chez Skeyes : Trente-huit vols annulés mardi après-midi à l'aéroport de Charleroi
Grève chez Skeyes : Une trentaine de vols annulés à l'aéroport de Charleroi
Manifestation nationale du 12 mai : Quelques passagers se rendent malgré tout à l'aéroport de Charleroi
Le patron de Ryanair réclame l'interdiction de l'alcool tôt le matin dans les aéroports
Thomas Dermine cible la majorité wallonne après que Ryanair a décidé de retirer des avions