La canicule a mis les hôpitaux de la région sous forte pression. Aux urgences comme aux soins intensifs, l'afflux de patients victimes de la chaleur a atteint un niveau inédit depuis la crise du Covid.
Du jamais-vu depuis la crise du Covid. C'est ainsi que plusieurs professionnels de la santé décrivaient la situation dans certains services d'urgences de la région ce week-end. Si la pression est aujourd'hui retombée, les équipes ont traversé plusieurs jours particulièrement éprouvants. Les urgences, tout comme les soins intensifs, ont été mises à rude épreuve par l'afflux de patients victimes des fortes chaleurs.
« Nous avons accueilli plus de 30 patients en trois jours aux soins intensifs. C'est une situation que l'on observe très rarement dans notre région pour des cas d'hyperthermie sévère », explique Michael Piagnerelli, chef du service des soins intensifs au CHU Marie Curie (HUmani).
Les patients admis aux soins intensifs ne correspondaient à aucun profil particulier. Jeunes ou plus âgés, avec ou sans antécédents médicaux, tous ont pu être victimes des effets de cette chaleur extrême. « Ils présentaient des températures corporelles supérieures à 40 degrés et, surtout, des atteintes neurologiques importantes, allant de la confusion jusqu'au coma », poursuit le médecin.
Même constat une cinquantaine de kilomètres plus loin. À Chimay, le Centre de Santé des Fagnes a lui aussi fait face à une forte affluence. « Dimanche, nous avons accueilli 87 patients aux urgences, soit deux fois plus qu'un dimanche habituel », indique Frédéric Dubois, directeur de la communication d'HUmani. « Cela démontre aussi toute l'importance des urgences de Chimay dans une région éloignée des grands centres hospitaliers. Lorsqu'une personne est victime d'un coup de chaleur, devoir parcourir 40 minutes en voiture devient extrêmement problématique. »
À Lobbes, la situation s'est révélée un peu moins critique. Le CHR Helora a enregistré un nombre de passages supérieur à la normale, sans pour autant être débordé. L'établissement a même pu accueillir des patients transférés depuis d'autres hôpitaux de la région.
Au Grand Hôpital de Charleroi, les chiffres témoignent eux aussi de l'ampleur de la vague de chaleur : près de 300 arrivées en ambulance en seulement trois jours, près de 1 000 passages aux urgences et plus de 130 hospitalisations. Des chiffres qui illustrent l'impact très concret de cette canicule sur les services hospitaliers de la région.
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