Le Centre d’innovation médicale Michel Cremer - Marie Curie veut révolutionner la médecine moins invasive grâce à l’endoscopie thérapeutique. Médecins, ingénieurs et chercheurs y uniront leurs compétences dès 2028.
Comme un symbole, la première pierre du Centre d’innovation médicale Michel Cremer - Marie Curie a été posée. L’idée est de développer une médecine moins invasive grâce à l’endoscopie thérapeutique, dont les traitements se font par voies naturelles.
« L’idée de ce centre, qui sera construit près de l’hôpital Marie Curie, est de rassembler les différents acteurs, c’est-à-dire de créer un lieu où cette complicité devienne naturelle entre ingénieurs et médecins, afin qu’ils s’ouvrent à d’autres domaines que celui de l’endoscopie flexible », explique Jacques Devière, professeur et chef du service de gastroentérologie de l’hôpital Erasme.
Situé en contrebas de l’hôpital Marie Curie, le centre viendra se greffer à cet écosystème et proposera des infrastructures intégrées afin de transformer une idée en solution clinique. Alain Delchambre, ingénieur et professeur à l’École polytechnique de Bruxelles, entretient depuis 25 ans une collaboration avec le secteur médical.
« Cela signifie que le médecin arrive avec une nouvelle idée pour traiter un patient. À partir de cette idée, nous, les ingénieurs, construisons des prototypes en collaboration avec les médecins. Ensuite, nous voyons ensemble si nous pouvons aller plus loin, c’est-à-dire franchir toutes les étapes jusqu’au traitement du patient », décrit à son tour Alain Delchambre, professeur à l’École polytechnique de Bruxelles.
Grosso modo, médecins, ingénieurs, chercheurs et entrepreneurs seront réunis en un seul et même endroit, du prototype à la première utilisation clinique.
Dernièrement, en chirurgie bariatrique, la durée de convalescence a été diminuée de manière assez drastique. « C’est une chirurgie assez lourde et, ici, nous sommes parvenus à la réaliser par voie endoscopique : le patient entre le matin et, le soir, il est déjà chez lui. Avec le schéma classique, il doit rester plusieurs jours à l’hôpital. »
Mais ce centre s’intéressera aussi aux maladies plus rares. « Nous voulons également mener une recherche qui ne soit pas dictée par le profit, insiste le professeur Devière. Pour des maladies rares auxquelles les grands acteurs biomédicaux ne s’intéresseraient jamais, parce que le marché paraît trop petit au départ. »
Développer des traitements pour certaines maladies de niche constitue également l’un des objectifs du centre, qui devrait atteindre sa pleine capacité d’exploitation d’ici 2028.
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