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« Pour manger au resto demain, je me vaccine». Une affiche qui fait réagir et s’interroger

A Charleroi, une campagne d’affichage de la Ville pour inciter les carolos à se faire vacciner fait débat. Les affiches abordent différents thèmes, mais la formulation de deux d’entre elles a fait réagir. L’une dit: « Pour retourner au resto, je me vaccine », l’autre « Pour retourner en festival, je me vaccine». L’Horeca et le monde du spectacle carolo se sentent stigmatisés et discriminés par ces slogans. Et l’annonce d’un possible passeport vaccination pour accéder aux restos et aux spectacles pose aussi le problème de l’égalité des chances entre tous les belges.

 

Un slogan difficile à avaler pour l’Horeca

La campagne de sensibilisation partait visiblement d’un bon sentiment. Inciter les carolos à se faire vacciner en leur rappelant ce qu’ils pourraient se remettre à faire s’ils étaient vaccinés. Mais l’affiche sur le retour aux restos est difficile à digérer pour l’Horeca carolo.

« On a trouvé ça très scandaleux, s’indigne isabelle Cohart, propriétaire de deux cafés à Charleroi.  Pointer une fois de plus l’Horeca, c’est un peu fort. On n’a pas besoin de ça pour le moment. La communication, c’est un zéro pointé »

 

Le monde du spectacle se sent aussi visé

L’Horeca carolo se sent culpabilisé et discriminé. Et le monde du spectacle n’applaudit pas non plus cette campagne.

« De façon générale, je comprend tout à fait qu’on incite les gens à se faire vacciner, admet Antoine Vandenberghe, comédien au Théâtre Marignan. Mais on a l’impression d’être un petit peu visé, alors que c’est l’ensemble des activités de la population qui est en cause. »

 

Des secteurs qui se sentent montrés du doigt

Unia, l’ex-centre pour l’égalité des chances s’interroge aussi.

« Au lieu de poser la question de savoir s’il faut être vacciné pour aller au restaurant, il est préférable de poser la question de savoir comment faire pour qu’on aille tous au restaurant ou en festival », nous dit Marisa Fella, la Coordinatrice de la Task Force Covid et Droits Humains chez Unia

« On aurait préféré que sur la même affiche soit noté par retourner au restaurant, pour revoir Mamy, pour monter dans le bus,… « , ajouté Isabelle Cohart.

 

Un éventuel passeport vaccination? « Ce serait de la discrimination »

La crainte, c’est que, dans la foulée de ce genre de campagne, on impose un passeport vaccination en Belgique, comme celui que l’Europe vient déjà de créer.

« Je me vois mal demander à mes clients leur passeport pour leur servir une consommation, poursuit la propriétaire de cafés. Et puis, c’est encore discriminatoire par rapport au secteur. »

« C’est vraiment une discrimination, enchaîne le comédien Antoine Vandenberghe. L’un peut rentrer, l’autre pas. Et nous, on n’est pas là pour faire la police à ce niveau-là. Pour faire respecter les règles à l’intérieur, oui. Mais là, ce serait très gênant. »

« On ne respecte certainement pas le principe d’égalité, conclut la Coordinatrice de la Task Force Covid et Droits Humains chez Unia. Et si on devait contrôler l’état vaccinal (ce qui pose déjà des questions au niveau de la vie privée) pour un accès à un service, pour nous, il y a un grand risque de discrimination au regard de la loi. »

Ce sont de simples affiches. Mais elles ont suscité des réactions. Le Covid a infecté nos vies privées. Jusqu’à se poser des questions fondamentales.


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