Il y a quelques jours, lors de la désormais traditionnelle soirée des Beffrois de cristal, le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, présentait en guise de premier acte de la cérémonie ses bons vœux aux Carolos.
Un moment toujours très attendu, un peu en mode « état de l’Union », établissant un bilan de l’année écoulée mais surtout les perspectives pour l’année qui vient. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que 2026 s’annonce comme très paradoxale pour la première ville de Wallonie.
On ne va pas se le cacher: le Plan Oxygène de la Wallonie, qui tient Charleroi sous perfusion financière contre des conditions très strictes d’économies à réaliser, va lourdement impacter le budget de la Ville et, par corollaire, ses citoyens. Certains services seront supprimés, d’autres deviendront payants, de nouvelles taxes vont apparaître, des bijoux de famille, comme le site de Marcinelle-en-Montagne, vont être vendus, des ASBL vont voir leurs subsides de fonctionnement rabotés.
Tout cela fait que les citoyens carolos, de facto, vivront un peu moins bien que par le passé. Le prix à payer pour éviter que Charleroi ne fasse banqueroute, sans doute en partie à cause d’un mode de gestion qui n’a pas toujours été assez efficace, mais surtout aussi parce que les tâches incompressibles qui lui incombent sont de plus en plus lourdes, coûteuses et pas assez compensées par les autorités supérieures que sont la Région wallonne et le fédéral.
Et pourtant, il existe bel et bien un paradoxe entre ce constat peu enthousiasmant et la réalité de terrain. Si on analyse un peu le discours de Thomas Dermine, à la fois sur la situation actuelle mais aussi sur les projets en cours de réalisation dans les différents districts de la ville, il y a en effet réellement de quoi être positif.
Son attractivité, par exemple, n’a sans doute jamais été aussi grande depuis longtemps. Son nombre d’habitants augmente, des entreprises viennent s’y installer malgré l’image peu flatteuse de Charleroi qui est parfois véhiculée. Et puis il y a les grands projets dans divers secteurs : le quartier du futur de la Défense et la Zébrarena, qui devraient complètement refaçonner la Porte Ouest ; l’UCampus, qui ne cesse de s’étendre et permettra bientôt à Charleroi de compter 15 000 étudiants inscrits ; du logement neuf (ce qui n’est pas un luxe quand on voit parfois l’état de délabrement d’une partie du bâti carolo); et, sur le plan économique notamment, l’extension du bâtiment de l’A6 E6K aux abords d’une gare dont un nouveau couloir souterrain va permettre de relier les quartiers de la Villette et du centre-ville.
Tout l’enjeu des mois qui viennent sera pour les responsables de la Ville, de jongler avec des prises de décision qui seront extrêmement impopulaires et pénalisantes pour les Carolos, tout en essayant de les convaincre que des jours meilleurs se dessinent au sein d’une ville qui est toujours en pleine mutation.
Et comme souvent, tout se jouera au niveau de la communication, mais surtout dans la capacité des autorités communales à jouer les alchimistes et à transformer du plomb en or dans un contexte fragile comme un Beffroi de cristal...
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