Aux urgences, la Saint-Valentin ne change pas grand-chose. La gestion de la sphère intime et des pratiques sexuelles fait pleinement partie du quotidien des soignants. Les équipes doivent conjuguer discrétion et efficacité.
À la Clinique Notre-Dame de Grâce (CNDG), le docteur Benjamin Kerzmann, spécialiste en médecine d’urgence, observe une grande variété de situations. Traumatismes liés à certaines pratiques, accidents avec des objets, complications après l’usage de sextoys. Si, dans la majorité des cas, tout se déroule sans incident, certaines expériences peuvent virer au passage obligé par l’hôpital.
Car derrière l’humour facile que ces situations peuvent susciter, la réalité médicale est parfois sérieuse : déchirure du pénis, corps étrangers coincés dans un orifice, lésions internes ou infections. « Que ce soit chez des personnes seules ou des couples, il faut intervenir rapidement », souligne le médecin. Plus la prise en charge est précoce, moins le risque de complications est élevé.
Pour Emilie Goossens, infirmière en cheffe adjointe à la CNDG, ces cas ne sont pas exceptionnels. « On a toujours vu ce type de situations », rappelle-t-elle. Certaines consultations auraient pourtant pu être évitées avec davantage de précautions ou d’informations.
Le plus difficile, pour les patients, reste souvent de franchir la porte des urgences avec un problème jugé "gênant". Mais les soignants tiennent à le rappeler : ils ne sont pas là pour juger. « On n’est pas là pour émettre un jugement », insiste le Dr Kerzmann. Leur rôle est d’accueillir, de rassurer et de soigner, dans le respect total de l’intimité.
En novembre prochain, la question sera au centre d’un événement d’ampleur. Les groupes hospitaliers du Grand Hôpital de Charleroi (GHDC) et de la CNDG organiseront conjointement un symposium au CEME à Dampremy. Près de 600 professionnels des urgences y sont attendus. Ce sera le plus grand rendez-vous du genre en Belgique consacré, notamment, aux urgences de la sphère intime.
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