Procès Michaël Letellier: un père accusé de torture sur son fils

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Procès Letellier: la famille, le voisinage et les secours entendus

Le procès de Michaël Letellier, originaire de Courcelles, s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises du Hainaut, à Mons. L’homme de 36 ans est accusé de torture aggravée sur son fils Eden, âgé de seulement 15 jours au moment des faits.

Un premier jour d’audience marqué par un récit confus de l’accusé, qui reconnaît des coups mais rejette toute idée de torture. L’après-midi a été consacré à l’enquête policière et aux premières expertises médicales, qui accablent l’accusé.

Un passé trouble et une enfance chaotique

Dès les premières heures du procès, Michaël Letellier se livre difficilement. Il parle entre ses dents, obligeant le président à lui demander à plusieurs reprises de s’exprimer plus clairement. L’homme, aujourd’hui incarcéré, revient sur son parcours de vie, marqué par une enfance difficile. Il évoque une famille instable, des disputes constantes entre ses parents, un placement en institution entre 12 et 14 ans et un père qui l’enfermait dans une maison insalubre.

 

Peu scolarisé, il n’a obtenu que son CEB avant de suivre quatre années d’enseignement spécialisé, sans terminer ses études. « Une erreur de ma part », admet-il. Il enchaîne ensuite petits boulots et travail au noir, notamment dans la menuiserie et le plafonnage.

Une condamnation pour tentative de meurtre sur un bébé en 2013

Si Michaël Letellier comparaît aujourd’hui pour des actes de violence sur Eden, il n’en est pas à son premier passage devant la justice. En 2013, il avait déjà été condamné pour une tentative de meurtre sur un autre de ses enfants, Brandon, alors âgé de quatre mois.

 

Interrogé à ce sujet, il peine à en parler mais finit par avouer: « J’étais énervé, je reconnais que je suis impulsif. J’ai mis mon pied sur sa tête, je l’ai jeté au sol. » Des gestes qu’il dit regretter et qui l’avaient conduit à une première incarcération.

Le jour du drame: des versions contradictoires

Le 6 avril 2023, Michaël Letellier est seul avec Eden. La mère de l’enfant, Fanny L., est partie faire des courses et ne reviendra qu’en fin d’après-midi. Ce qui s’est réellement passé durant ces heures reste flou, tant l’accusé peine à livrer une version cohérente.

« J’ai entendu Eden râler pendant que je faisais la vaisselle. Je suis allé voir sans mauvaise intention », explique-t-il. Mais il décrit ensuite un moment où il « vrille complètement ». « Je vois l’eau couler, le chien qui court partout… J’ai pris Eden dans le parc et je l’ai lancé. »

D’abord, il avait affirmé que le bébé avait rebondi sur un fauteuil. Aujourd’hui, il change sa version et admet qu’Eden a heurté directement le carrelage.

Une enquête minutieuse

L’après-midi du premier jour d’audience a été consacrée à l’enquête policière et à l’examen des premières constatations médicales. Deux zones de police ont été impliquées: celle des Trieux de Courcelles et celle de La Louvière.

C’est l’équipe médicale des urgences de l’hôpital de Jolimont qui a alerté la police de La Louvière après avoir constaté l’état critique d’Eden. Le petit garçon a été amené par une équipe du SMUR, accompagné de sa mère. Il présente une respiration irrégulière, de multiples lésions, plusieurs commotions et un état jugé critique.

Les premières constatations médicales sont accablantes: hématomes sur chacune des tempes, marques sur la partie supérieure de l’abdomen, lésions sur le flanc droit. Face à ces blessures, les soupçons se tournent immédiatement vers Michaël Letellier.

 

Lorsque les enquêteurs interrogent la mère, Fanny L., son récit spontané est glaçant: Eden était immobile sur le canapé, il respirait de manière anormale, il présentait plusieurs hématomes. Face à l’inquiétude de Fanny, Michaël Letellier a d’abord tenté de minimiser: « L’enfant n’a rien, il dort, il rêve, il est tombé du fauteuil il y a environ deux heures. » Mais Fanny, inquiète, compose le 112. Letellier tente alors de l’empêcher d’appeler les secours, avant de se résoudre lui-même à contacter les urgences.

Des blessures trop graves pour être accidentelles

L’expertise du médecin des urgences de l’hôpital de Jolimont est sans appel. Un scanner révèle de multiples hémorragies crâniennes, un état extrêmement inquiétant et la suspicion de coups violents. Selon l’expert, si Eden n’avait pas été pris en charge rapidement, il n’aurait pas survécu. Face aux accusations de torture, Michaël Letellier tente de se défendre : « Je suis d’accord avec les coups et blessures, mais pas avec la torture. » Lorsque l’avocat des parties civiles lui demande quelle partie du corps d’Eden a touché le sol en premier, Letellier répond : « Sa tête. Ça a fait ‘poc’. »

 

Durant les prochains jours du procès, Michael letellier devra faire face aux différents témoignages, expertises et analyses psychiatriques qui viendront éclaircir certaines zones d'ombre. 

 


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