Le reportage du magazine Investigation, diffusé mercredi dernier sur la RTBF, continue de provoquer de vives réactions à Charleroi. Entre demandes d’explications de la Ville, critiques de l’opposition et suivi ministériel, le dossier est loin d’être clos.
Une série de questions adressées à La Sambrienne
Dans la foulée de la diffusion du reportage, la Ville de Charleroi a remis au comité de gestion de La Sambrienne une liste de 40 questions. Elles portent notamment sur les situations concrètes mises en lumière par l’enquête, sur un subside régional de 45 millions d’euros que la société de logement n’aurait pas utilisé, mais aussi sur les délais d’intervention, le contrôle des sous-traitants et le nombre de logements inoccupés.
Via son porte-parole, la Ville indique ne pas souhaiter communiquer davantage avant d’avoir obtenu des réponses complètes à l’ensemble de ces questions.
Une opposition très critique
Pour le PTB, cette démarche est insuffisante. Pauline Boninsegna, conseillère communale et cheffe de groupe PTB, s’étonne de la réaction de la majorité. Selon elle, " au-delà des réponses attendues, la Ville doit assumer ses responsabilités politiques. " Elle appelle " à des actes concrets afin de garantir la sécurité des locataires de La Sambrienne, rappelant qu’un Carolo sur dix dépend de la société de logement. "
Du côté du MR carolo, le ton est tout aussi sévère. Le chef de groupe Jean-Noël Gillard dénonce une opération de communication et parle d’une réaction de façade. Il estime que l’enjeu dépasse largement une série de questions et pointe une faillite de gouvernance ainsi qu’une situation d’insécurité pour les locataires. Sur ses réseaux sociaux, la section locale du MR réclame d’ailleurs la démission immédiate du directeur-gérant et du président de La Sambrienne.
La ministre de tutelle s’en mêle
Le dossier est également remonté jusqu’à la ministre wallonne du Logement. Interpellée au Parlement par plusieurs députés wallons, la MR Cécile Neven affirme suivre attentivement la situation. S’appuyant sur des données de la Société wallonne du Logement, elle indique que La Sambrienne n’aurait pas utilisé l’ensemble des moyens financiers mis à sa disposition. La ministre se dit prête à faire preuve d’une grande fermeté une fois le rapport en main et appelle chacun à prendre ses responsabilités.
Avec 10 % du parc immobilier carolo, La Sambrienne reste au cœur des préoccupations. Et les suites de l’enquête d’Investigation pourraient encore alimenter le débat dans les semaines à venir.
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