Ce dimanche, le Grand Feu de Gerpinnes se réinvente. Une nouvelle confrérie y organisera le procès de la sorcière Marie Linô(d), incarnée pour la première fois par une géante, figure du folklore local.
Depuis des siècles, l’histoire de Marie Linô(d) se transmet à Gerpinnes. Présentée comme la dernière sorcière brûlée sur un bûcher vers 1630, elle fait partie de la mémoire collective du village. Cette année, la légende quitte le simple récit pour prendre forme dans le cortège du Grand Feu.
À l’initiative du projet, Michel Robert, concepteur de la confrérie, explique : « Elle est restée dans l’oralité du village. Je me suis dit qu’il serait intéressant de créer quelque chose autour de Marie Linô(d). » La géante, précise-t-il, ne sera pas tout à fait comme les autres. Inspirée des procès arbitraires du XVIIᵉ siècle, elle présentera une dualité marquée : « Les habitants de Gerpinnes vont la rejuger », annonce-t-il.Procureur, avocat, clergé… La confrérie mettra en scène un véritable procès lors du Grand Feu. Un moment théâtral qui viendra enrichir la tradition et impliquer le public.
Une véritable géante
La conception de la géante a mobilisé plusieurs savoir-faire. Pour l’armature, Charles Chapelle s’est inspiré d’autres figures emblématiques, notamment celles d’Ath, réputée pour ses géants en osier. « J’ai préféré utiliser une structure en treillis, inspirée d’un mannequin de couturière. Cela la rend beaucoup plus légère », explique-t-il.
De son côté, Philippe Ledecq a misé sur les nouvelles technologies. « J’ai créé la tête et les mains avec le logiciel Blender, puis nous les avons imprimées en 3D », détaille-t-il. Une touche contemporaine qui contraste avec l’ancrage historique du personnage.
Entre ombre et lumière
Restait un élément essentiel : les costumes. Lucie Noël, couturière, a imaginé une robe à double facette. « Il y a un bon et un mauvais côté. Un côté plus sombre, où la robe et les fleurs sont défraîchies, et un côté plus lumineux, avec des fleurs éclatantes. Mais je ne peux pas tout dévoiler », sourit-elle.
Le mystère est entretenu jusqu’au jour J. Mais pour les membres de la confrérie, l’émotion est déjà bien présente. « On a une idée et, un jour, elle prend forme. Les costumes sont là, c’est fantastique », confie Michel Robert. Même émotion du côté de Philippe Ledecq : « Au départ, on ne sait pas ce que cela va donner. Aujourd’hui, quand on la compare à d’autres géants, notamment à Binche, on peut dire qu’on s’est bien débrouillés. »
Avec cette nouvelle géante et son procès revisité, le Grand Feu entend insuffler un vent de renouveau à une tradition qui rassemble chaque année petits et grands. Dimanche, à Gerpinnes, il réunira aussi… une géante.
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