Les acteurs de l’aide alimentaire se mobilisent en Wallonie et à Bruxelles, dans le cadre de la campagne « #FrigoVide ». Une action, destinée à montrer l’explosion de la précarité alimentaire, ainsi que l’épuisement des services qui tentent d’y répondre.
A bout de souffle, le secteur de l’aide alimentaire a décidé de se mobiliser à travers la campagne intitulée « #FrigoVide ». Un cri d’alerte face à l’urgence sociale, au moment où les moyens fondent et que les demandes explosent.
« Les travailleurs sociaux croulent sous les dossiers et les délais de traitement s’allongent. Pendant ce temps, des milliers de personnes se retrouvent sans revenu et n’ont pas d’autres choix que de recourir à l’aide alimentaire. Même pour ceux qui auront finalement droit à des aides sociales, la situation restera précaire et, pour beaucoup, le besoin d’aide alimentaire s’installera dans la durée. Les anciens chômeurs viennent s’ajouter aux profils déjà bien présents dans les files : bénéficiaires du revenu d’intégration, travailleurs précaires, étudiants, familles monoparentales, personnes malades, personnes isolées, petits pensionnés… Tous ont un point commun : vivre avec un frigo vide dans un pays pourtant riche », peut-on lire dans une carte blanche signée collectivement, par plus de 120 organisations qui viennent en aide aux plus démunis.
Des associations qui craignent de ne plus pouvoir répondre aux besoins des bénéficiaires et qui redoutent un jour de devoir faire des choix, comme ici, à l’asbl « Opération Faim et Froid » de Gilly.
« Pendant que les besoins s’intensifient, les protections sociales s’érodent. Les réformes socioéconomiques successives sont menées sans tenir compte de leurs conséquences sur les plus vulnérables. Elles frappent durement celles et ceux qui sont déjà les plus fragiles : familles monoparentales, femmes, futurs retraités, jeunes sans expérience professionnelle, etc. L’aide alimentaire est peu soutenue par les pouvoirs publics et une grande partie de ces financements a été réduite ou supprimée. Le gouvernement fédéral, qui finançait l’achat de produits essentiels à hauteur de 27 millions d’euros en 2025, a diminué ce budget à 15 millions en 2026 », indique Sylvie Bailly, assistante sociale l’asbl « Opération Faim et Froid ».
Dès lors face à cette situation, les acteurs de l’aide alimentaire attendent une réaction du monde politique.
« Les organisations signataires appellent les gouvernements à garantir le droit à l’alimentation, soutenir et accompagner les personnes les plus vulnérables, et donner aux structures d’aide alimentaire les moyens de faire face à l’urgence actuelle. », conclut Lorraine Launois, qui est chargée de projets à la Fédération des Services Sociaux.
Bref, à travers la campagne « #FrigoVide », le secteur entend « rendre visible la crise actuelle et rappeler que l’accès à l’alimentation est un droit fondamental, que l’État doit garantir ».
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