Pour ce dernier conseil communal avant l’été, l’ordre du jour était chargé : motion sur l’enseignement, anticipation des intempéries, logements insalubres, financement des grandes villes…
Après une prise de parole des syndicats, inquiets pour l’ensemble des services publics (hôpitaux, administrations, enseignants, TEC…), le collège communal a reçu une pétition du Théâtre de l’Ancre, plus de 1000 lettres de soutien compilées dans 3 fardes. Cette pétition s’inscrit dans le cadre du projet de rénovation du Théâtre de l’Ancre, abandonné après l’annulation de son permis par le Conseil d’État. Le bourgmestre, Thomas Dermine (PS), et l’échevine de la Culture, Julie Patte (PS), ont affiché leur soutien envers le Théâtre.
Les partis d’opposition ont regretté que la parole ne soit pas donnée au théâtre. La présidente du conseil, Nathalie Monforti, a rappelé qu’un règlement existe et que l’équité doit être respectée : il fallait prévenir au préalable. De son côté, Nicolas Tzanetatos, conseiller MR-IC, s’est voulu rassurant quant à l’avenir : « Ma formation politique est très sensible à leur situation. Cela fait 12 ans qu’ils attendent un financement aujourd’hui remis en question. Adrien Dolimont, ministre-président, m’a dit qu’il souhaitait que l’engagement soit maintenu et que les financements alloués au Théâtre de l’Ancre le seront. La balle est dans le camp de la Ville de Charleroi. »
Le conseil a ensuite débuté. À retrouver dans cet article :
- Motion pour l’enseignement
- Les logements au cœur des préoccupations
- Intempéries et inondations
- Sauver les grandes villes
- Un plan d’inclusion inédit
Motion pour l’enseignement
Après 3 interventions citoyennes, l’enseignement s’est invité à la table du conseil communal. Le PTB a déposé une motion relative aux conséquences du décret-programme de réforme de l’enseignement sur les élèves, les étudiants, les familles et les établissements scolaires carolorégiens.
« Fin des repas scolaires gratuits, hausse du minerval de 43 %, surcharge de travail pour les profs… Avec ces mesures prises par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), l’enseignement n’est plus un droit mais un luxe », indique Kübra Yigitoglu, conseillère PTB.
C’est dire aux jeunes : désolée, mais les études, ce n’est pas pour toi, on a besoin de F-35.
La motion proposée vise à exprimer l’inquiétude liée à ces mesures et à en souligner les conséquences. Le PS a amendé cette motion. « C’est 1 milliard d’euros d’économies sur l’enseignement », rappelle Isabella Greco, conseillère et cheffe de groupe PS. Mohamed Fekrioui, conseiller PS et enseignant, ajoute : « Moi, je perds 4 heures, mais comme je suis nommé, je dois aller les chercher dans les heures d’un collègue. Ce collègue devra en aller puiser 6 ailleurs. Certains professeurs n’ont plus d’heures. »
Contrairement au PS, les groupes MR-IC et Les Engagés, dont l’échevin Eric Goffart, ont voté contre. Nicolas Tzanetatos, conseiller MR-IC : « J’entends vos propos, j’entends les slogans scandés dans la rue. Mais il y a un déficit de 1,7 milliard dans les caisses de la FWB. Si on ne prend pas de mesures, ce déficit va augmenter. La solution des 2 heures supplémentaires, issue de l’avis d’un groupe d’experts, semble être la moins impactante. » Le conseiller a regretté une « récupération politique ».
Manon Choël, conseillère et cheffe de groupe Les Engagés, a rappelé que la dette génère aussi des intérêts versés aux banques, « donc de l’argent qui n’est pas investi dans l’enseignement. Il fallait agir », indique-t-elle.
La motion a été adoptée.
Les logements au cœur des préoccupations
Le logement était à nouveau au cœur des préoccupations, au lendemain du dossier de la Sambrienne révélé par la RTBF et qui a suscité de vives réactions. Pauline Boninsegna, conseillère et cheffe de groupe PTB, a interrogé le collège au sujet du parc de logements publics : insalubrité, pannes techniques, délais d’intervention qui s’allongent et fortes chaleurs. « Des gens vont se retrouver dans des logements invivables à cause des températures, sans pouvoir les quitter à cause de pannes d’ascenseur », indique-t-elle.
Elle rappelle que lors de précédents conseils communaux, l’idée d’une cellule logement avait émergé, ainsi qu’une cellule de crise liée à la Sambrienne. « Où en sommes-nous ? Quelles sont les mesures urgentes qui vont être prises face à cette crise qui s’aggrave de jour en jour ? »
Réponse de Tanguy Luambua (Les Engagés), échevin du Logement : « Vous parlez d’une panne d’ascenseur en particulier, mais nous savons que c’est en effet récurrent. Des démarches sont en cours afin d’améliorer la gestion de ces situations. Concernant la mise en place d’une cellule, nous avions proposé d’en discuter et de travailler ensemble sur le sujet, ce que vous avez refusé. Mais à l’issue des échanges du conseil communal d’avril, nous avions prévu d’organiser une cellule de suivi au sein de la Sambrienne, et non au sein de la Ville. »
Selon l’échevin, le travail est en cours et la Ville suit de près le dossier. « Un atelier logement a encore été organisé début du mois avec les acteurs de terrain. La Ville poursuit sa mission et nous travaillons collectivement pour lutter contre l’insalubrité. » Il a également rappelé que la Ville agit aussi sur l’augmentation du nombre de logements : « C’est aussi de cette manière que nous luttons contre la crise du logement. »
La conseillère PTB a précisé qu’elle n’avait pas refusé de discuter, mais attendait des propositions concrètes de la Ville : « C’est votre mission. » Elle a annoncé que le PTB reviendrait avec une proposition de point de demandes unique, comme dans la plupart des grandes villes.
Intempéries et inondations
Suite aux violentes intempéries de ces dernières semaines, Christophe Burton, conseiller MR-IC, a interrogé le collège sur l’état des avaloirs.
« J’ai été interpellé à plusieurs reprises concernant l’état lamentable des avaloirs à Mont-sur-Marchienne. Après un contact avec les services travaux de l’échevin Goffart, des interventions ponctuelles ont été effectuées, et je l’en remercie. Elles ont été réalisées avec du matériel de base : hommes avec pelles et chargement des déchets. » Selon lui, le problème dépasse Mont-sur-Marchienne et les citoyens regrettent l’absence de nettoyage systématique pour prévenir les inondations.
Thomas Lemaire, conseiller PTB, a également interrogé le collège afin d’obtenir un état des lieux des avaloirs et dispositifs existants. « Certains axes comme la Basse Sambre sont régulièrement inondés. La Ville a-t-elle des plans ? Des moyens de contacter la Région pour les axes qui la concernent ? Il faut y réfléchir, car nous risquons de connaître de plus en plus d’épisodes comme ceux-ci. »
Eric Goffart (Les Engagés), échevin des Travaux publics et de la Propreté, a rappelé la violence des intempéries de fin mai. « Le service Voirie a mis en place une méthodologie d’entretien régulier en fonction des risques afin de prioriser les interventions. » En journée, un appel est suivi d’une intervention dans l’heure. Pour rappel, le service est joignable au 071 86 02 00 et en ligne.
Il a également précisé que la Région est informée des problèmes : « La route de Mons à Marchienne sera bientôt rénovée, en surface mais aussi au niveau des collecteurs d’eaux de pluie. »
Sauver les grandes villes
Comme évoqué dans le JT de la semaine dernière, l’Union des Villes et Communes Wallonnes demande aux gouvernements fédéral et régional d’aider financièrement les grandes villes. Cette demande fait suite à une étude mettant en évidence un déséquilibre croissant entre les charges assumées par les villes-centres et leurs recettes, dans un contexte où le plan Oxygène prendra fin en 2026.
Isabella Greco a interrogé le collège sur les leviers déjà activés par la Ville et ceux qui pourraient encore être mobilisés sans pénaliser excessivement les ménages carolos. Réponse du bourgmestre Thomas Dermine (PS) : « Le déficit des grandes villes n’est pas tant lié à la gestion qu’à un déséquilibre structurel, comme le montre l’étude. On peut toujours améliorer la gestion, mais on ne comblera pas le déficit. Aujourd’hui, les grandes villes ont fait leur part. »
Un plan d’inclusion inédit
La Ville a mis en place 3 plans d’inclusion pour 2026-2030 : le Plan Genre, le Plan de lutte contre le racisme et le Plan Accessibilité pour les personnes en situation de handicap.
Profitant d’une question du conseiller PS David Jadoul, la Ville a détaillé ces dispositifs. « L’objectif est de passer d’une logique d’actions ponctuelles à une politique publique plus structurée et cohérente », indique Ayse Aktas (PS), échevine de l’Égalité des chances. Après une concertation menée en 2025 avec des groupes de travail et des acteurs de terrain, plus de 140 actions concrètes seront mises en place. « Chaque action est associée à des services ou à des partenaires identifiés, avec un calendrier précis. »
À lire aussi : Thy Marcinelle : « Il existe des pistes », selon le bourgmestre
Sur le même sujet
Recommandations
Charleroi boucle 2025 en boni, mais reste sous pression financière
Incendie, Antre du Jeu et cadastre des commerces : résumé du conseil communal
La Ville de Charleroi met de l'ordre dans son contentieux autour des immeubles inoccupés
Thuin : du matériel communal d’égouttage fourni à des particuliers, une enquête interne ouverte
Non à la taxe aéroport : débats au conseil communal de Charleroi
La Sambrienne au cœur des débats : « Quelqu’un devra payer pour les victimes »