Cette semaine avait lieu la présentation de l’événement CHarleroi’s Cool, qui se tiendra le 27 mai au Bois du Cazier.
L’objectif de cette opération : mettre en lien le monde de l’enseignement et celui de la culture. En clair, les écoles de la région carolo pourront venir faire leur shopping culturel auprès des opérateurs et ainsi permettre, l’an prochain, à leurs élèves d’aller à la découverte de spectacles.
En somme, c’est du win-win. Il est clair qu’à la fois le monde de l’enseignement et celui de la culture s’y retrouvent. Car éveiller les élèves à la culture, les ouvrir sur le monde est bien évidemment une mission phare de l’école, qui ne doit pas se contenter simplement de transmettre du savoir. L’école, c’est apprendre des matières, mais aussi apprendre le goût de la curiosité, le goût des autres et de tout ce qui fait le sel de la vie en communauté.
Et pour les opérateurs, il s’agit aussi d’une manière d’attirer les jeunes vers la culture. Ce sont ces jeunes qui, demain, se rendront au théâtre, à des concerts ou à des spectacles. C’est d’autant plus important actuellement. Faire venir les jeunes à la culture est un enjeu majeur pour le secteur, qui se dirige immanquablement vers une crise. Le Covid avait déjà lourdement touché le monde culturel, dont certains opérateurs ne se sont d’ailleurs jamais remis. Et aujourd’hui, ce sont les économies à tous les étages qui risquent bien de laisser certains pans de la culture exsangues, voire d’en faire carrément disparaître certains.
On le sait, singulièrement en Wallonie, la culture est en grande partie dépendante des aides publiques, sans lesquelles bon nombre de créations ne pourraient voir le jour. Souvent d’ailleurs, en tout cas jusqu’ici, ces aides n’étaient pas conditionnées à la rentabilité. Aujourd’hui, le paradigme a changé. La volonté est claire : couper une partie des vannes qui alimentent la culture et augmenter la part de culture non subsidiée qui, dans la vision de certains, serait plus rentable.
Avec le risque d'un affaiblisement du secteur.
Car Il est certain que, sans les aides publiques, le monde culturel risque d’être méchamment élagué. Or, quand la culture s’affaiblit, c’est toute la démocratie qui risque d’en pâtir. À chaque fois qu’un opérateur culturel disparaît ou se voit limité dans son champ d’action, c’est un peu une fenêtre supplémentaire sur le monde qui se referme, au même moment que la fenêtre d’Overton est en train de s’agrandir.
Voilà qui promet des perspectives bien sombres pour les artistes, qui évoluent de plus en plus sur une scène dont on scie les planches un peu plus chaque jour.
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