La grosse polémique de cette semaine était la venue du vice-président de la commission européenne, l’italien Rafaelle Fitto, sur le Campus UCharleroi.
Accueilli par le ministre-président wallon Adrien Dolimont, il était censé venir discuter de l’utilisation des fonds européens, notamment à Charleroi. Seulement voilà sa visite ne s’est pas vraiment passée comme prévu. La raison: Rafaelle Fitto est membre du parti italien d’extrême droite Fratelli d’Italia. Et pour les universitaires de l’ULB et de l’UMONS, mais également pour des dizaines de citoyens antifascistes de la région, c’était no pasaran. Résultat cohue, chahut, bousculades et un ministre-président choqué qui a dû être quasiment exfiltré…
Les arguments du ministre-président sont clairs: pour lui, c’est son rôle d’accueillir des hauts représentants européens qui ont été élus et qui représentent un intérêt pour notre région puisque la Wallonie a besoin des fonds européens pour assurer son développement. En clair, Adrien Dolimont estime qu’il faut séparer l’oeuvre de l’artiste et que l’appartenance politique de Raffaele Fitto ne doit pas entrer en ligne de compte puisqu’il est venu à Charleroi avec sa casquette officielle européenne. Sur ce point on ne peut pas donner tort à Adrien Dolimont même s’il se refuse à employer le terme d’extrême droite pour qualifier le positionnement de l’Italien, préférant plutôt le terme “droite radicale” qui est un doux euphémisme.
Pour les antifascistes, l’accueil de Raffaele Fitto par le ministre-président wallon est une faute politique. Ils estiment en effet que la realpolitik défendue par Adrien Dolimont a ses limites et que discuter avec l’extrême droite, en toutes circonstances, n’est jamais une option, quel que soit l’enjeu économique ou politique.
Un argument qui peut également s’entendre. Du moins quand il exprimé clairement et de manière rationnelle.
Ce qui est inaudible en revanche, ce sont les insultes lancées à l’encontre du ministre président. Crier “Dolimont Facho” est non seulement inacceptable mais surtout dangereux. D’une part parce que c’est factuellement faux. Mais surtout parce que les mots ont un sens. Et que traiter Adrien Dolimont de fasciste de manière totalement injuste et erronée fait perdre la force du mot fasciste lui-même. Si on veut réellement combattre le fascisme et l’extrême-droite, il convient d’utiliser les termes qui les définissent avec grande prudence. Faute de quoi on obtiendra ce que les antifas combattent justement: une banalisation de cette même extrême-droite. En clair, insulter de la sorte un ministre président issu d’un parti démocratique est contre-productif et dessert la lutte antifasciste. Certains au sein des antifas feraient bien de le comprendre.
Le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine a d’ailleurs précisé fort logiquement qu’il ne cautionnait pas les insultes à l’égard d’Adrien Dolimont. Mais il n’a pas pu lui dire de vive voix puisqu’il était absent lors de la visite de Fitto. Il avait piscine sans doute…
Recommandations
Carolo de l'année: le Charleroi qu'on aime
Edito: La solidarité seule peut épanouir l'individu
Edito: L'aide alimentaire, un enjeu social et économique majeur