Cette semaine le président du MR a fait une sortie remarquée à propos de l’avenir de la SNCB qui, selon lui, passe, en matière de rentabilité et d’efficacité, par la suppression de 60 gares qualifiées de « fantômes » parce que peu ou pas fréquentées.
Sur le territoire de Charleroi Métropole, ce sont pas moins de 12 gares qui sont concernées, essentiellement sur deux lignes : l’une reliant Charleroi à Erquelinnes, l’autre à Couvin.
On ne peut pas dire que beaucoup sautent de joie à l’idée de supprimer autant de points d’arrêt. Du côté de navetteurs.be, on estime que « tout ce qui est excessif est insignifiant » et qu’il ne s’agit que d’une proposition personnelle, et non de la SNCB. Mais c’est surtout du président de Charleroi Métropole qu’est venue la contre-attaque la plus vive. Thomas Dermine juge en effet que cette proposition est triplement inopportune.
En matière de mobilité pour notre région, d’abord, puisque la suppression de certaines gares risque littéralement d’enclaver de nombreux habitants au sud de Charleroi, qui s’y rendent quotidiennement en train.
Sur le plan économique, Dermine juge également qu’il s’agit d’une ineptie, puisque la suppression de tous ces arrêts, où il n’y a ni guichet ni personnel, ne représenterait qu’environ 20 000 euros par an — autant dire rien au regard du budget de 3 milliards de la SNCB. Le ratio désavantage pour les usagers/économie est donc largement disproportionné.
Supprimer des services n’est jamais un bon signal. Et on ne s’y prendrait pas autrement si l’on voulait inciter les gens à utiliser davantage la voiture et à délaisser le train. Ce qui, par ailleurs, sur le plan écologique et de la décarbonation, n’est pas non plus un signal positif.
Cela dit, le rail n’est pas le seul concerné par des réductions de services et une limitation des incitants à utiliser les transports en commun. On le sait, le TEC wallon a pour ambition de supprimer certaines lignes dites « non rentables », mais également de supprimer la gratuité pour certaines catégories socio-professionnelles, avec le même effet que la suppression de certaines gares : celui de renvoyer potentiellement les gens vers leur voiture.
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